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Des biomarqueurs pour le cancer de l'estomac

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Une infection chronique par la bactérie Helicobacter pylori augmente le risque du cancer de l'estomac. Les taux sériques d'enzymes digestives spécifiques et de marqueurs de l'inflammation et du stress oxydatif pourraient aider à estimer ce risque. Il suffit de faire une prise de sang.

Dre Hade Scheyving - 14 janvier 2025

Une étude récente[1] a comparé les taux sanguins d'un certain nombre de biomarqueurs prometteurs auprès de trois groupes : chez des personnes infectées par H. pylori, des patients atteints d'un cancer gastrique et des sujets sains. Partant de leurs observations, les chercheurs ont également formulé des valeurs seuils, qui pourraient se révéler utiles pour le dépistage et le traitement de ces pathologies gastriques.

Le premier marqueur sélectionné était l'interleukine 8 (IL-8), un médiateur clé dans les processus inflammatoires et d'angiogenèse. L'IL-8 est considérée aujourd'hui comme une cible diagnostique et thérapeutique prometteuse pour toute une série de maladies inflammatoires et néoplasiques. On a également comparé les concentrations sériques du pepsinogène-I et du pepsinogène-II, ainsi que le rapport entre les deux (PG-I:PG-II). Ces deux enzymes sont produites dans l'estomac et servent d'indicateurs de la santé et de l'activité de la muqueuse gastrique.

L'IL-8 est considérée aujourd'hui comme une cible diagnostique et thérapeutique prometteuse pour toute une série de maladies inflammatoires et néoplasiques.

Enfin, on a évalué le stress oxydatif à l'aide des taux sanguins du malondialdéhyde (MDA) et du 'statut oxydatif total' (SOT). La production d'espèces réactives de l'oxygène (ERO) et d'espèces réactives de l'azote (ERA) est associé à des dommages à l'ADN et donc, raisonne-t-on, au développement du cancer de l'estomac.

Afin de neutraliser les variables parasites, les paramètres démographiques de la population en bonne santé ont été jumelés à ceux des groupes atteints de gastrite et de cancer de l'estomac. Les membres du groupe témoin ne présentaient pas de symptômes gastro-intestinaux, ni d'antécédents personnels ou familiaux de maladies de l'appareil digestif, de cancer de l'estomac ou de maladies auto-immunes, et n'avaient pas pris d'anti-inflammatoires (AINS) ou d'antibiotiques dans les semaines avant la prise de sang, afin de ne pas perturber la fonction de la muqueuse gastrique. Leurs paramètres sanguins ont été comparés à ceux des deux autres groupes.

H. pylori stimule la sécrétion de PG-I et de PG-II dans l'estomac, ce qui se traduit par des taux sériques significativement élevés. Cependant, lorsque l'infection bactérienne évolue vers une gastrite chronique et atrophique - un précurseur du cancer de l'estomac -, on observe une diminution de la sécrétion de PG-I, sans que celle de PG-II ne diminue, ce qui se traduit par une réduction du ratio PG-I:PG-II. Cette étude a confirmé l'hypothèse : les taux de pepsinogène ont diminué dans le groupe atteint de cancer gastrique par rapport au groupe atteint de gastrite à H. pylori.

De plus, H. pylori augmente fortement la production d'IL-8 et favorise le stress oxydatif. C'est ce qui a été observé dans cette étude aussi. Cependant, chez les patients atteints de cancer gastrique, les concentrations sériques d'IL-8 et de SOT ont rebaissé, sans doute lié à cet état d'atrophie de la muqueuse. Curieusement, les niveaux de MDA ont continué à augmenter chez les personnes atteintes de cancer. La raison pour laquelle un biomarqueur du stress oxydatif diminue et l'autre augmente n'est pas encore tout à fait claire.

Note:

[1] Nasier-Hussain M, et al. Serum levels of oxidative stress, IL-8, and pepsinogen I/II ratio in Helicobacter pylori and gastric cancer patients: potential diagnostic biomarkers. BMC Gastroenterol, 2 (2025). https://doi.org/10.1186/s12876-024-03564-6.

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