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Gilbert Bejjani pour une solide norme de croissance

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Président de l'Union des médecins (Absym-Bruxelles), l'anesthésiste Gilbert Bejjani tient au système de concertation et à la sécurité sociale. Pour préserver des soins de santé de qualité, maintenir une norme de croissance supérieure à la croissance du PIB est nécessaire. Toutefois, le système pourrait être beaucoup plus efficient grâce notamment à la "Value-Based HealthCare".

3 février 2025

Le journal du Médecin: Que pensez-vous de la manière dont les libéraux ont préféré postposer la décision finale sur le budget des soins de santé plutôt que de l'entériner, alors que le Conseil général de l'Inami l'avait approuvé?

Dr Gilbert Bejjani: Il faut revenir sur l'histoire. Ce n'est pas la première fois qu'on a un gouvernement "provisoire". De mémoire, tous les gouvernements ont changé la norme de croissance. Je ne saurais pas vous dire si cela s'est opéré pendant les affaires courantes ou pas, mais cela s'est fait, et sans problèmes. La situation actuelle s'est accompagnée de beaucoup de "cinéma" et de mises en scène inutiles. Cela a fait perdre du temps à tout le monde, et à nous aussi, médecins, avec différents positionnements des syndicats vis-à-vis des accords. Personnellement, j'ai pris du recul sur ce sujet et, de manière générale, cette dernière année. Et cela m'a fait du bien. Il était quasi certain qu'un budget allait être mis en place. Ne pas indexer les soignants aurait été une pure folie quand le reste du pays est indexé. Et nous l'avons obtenu.

Vous êtes déçu quand même?

De fait, je suis déçu par le MR. En octobre-novembre, on entend parler de ce vote du budget. On savait aussi que dans les programmes électoraux, Les Engagés voulaient 3,5% de croissance, Vooruit 2,5% (raboté finalement à 2%) et le MR, une norme alignée sur la croissance du PIB mais surtout, avec un discours stigmatisant les médecins. L'efficience est bien sûr essentielle, mais il y a une croissance des besoins, notamment due à la croissance de la population. Celle-ci va au-delà de la croissance du PIB. Dire que le secteur des médecins est surfinancé est à la limite de l'insulte. Bien sûr, certains médecins gagnent plus que d'autres, mais c'est aussi parce que la nomenclature a mal évolué. Elle mélange des éléments de frais hospitaliers, des frais extra-hospitaliers et ambulatoires. Tantôt, les frais professionnels sont intégrés, tantôt ils ne le sont pas. Franchement, c'est une soupe, à laquelle les médecins et les hôpitaux se sont adaptés via un financement par un pool, ou des mécanismes de solidarité par institution...

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