Plus d'une plainte pour coups, chaque jour, à la police

Depuis la création de son point de signalement des agressions, l'Ordre des médecins a enregistré près de 700 déclarations. De son côté, la plateforme 'Médecins en difficulté' a reçu 598 appels de détresse l'an dernier, dont 120 suite à des agressions.
Chaque jour, un médecin, au moins, pousse les portes d'un commissariat pour porter plainte pour coups. Et ce n'est là que la pointe émergée de l'iceberg, vu la propension du corps médical à justement les encaisser, ces coups (lire en page 3). Les dernières statistiques policières complètes (2023, voir graphique ci-contre) font état de 351 P.-V. pour "coups envers la profession médicale" (une centaine de plus qu'avant le covid, NdlR). Et 2024 s'annonce du même tonneau puisqu'on comptait déjà 85 P.-V. rien qu'au premier trimestre.
Des femmes et des généralistes
Entre juin 2016 et le 21 août 2024, la plateforme de notification des agressions sur le site de l'Ordre des médecins a enregistré 694 signalements (54% de femmes et 220 francophones): 60% d'agressions verbales, 22% d'ordre psychologique, physique (15%) et sexuel (2%). Les généralistes représentent 54% des cas et les médecins en formation, 7%.
Près de quatre agressions sur dix ont eu lieu au sein de pratiques de groupe, 26% en solo et 13% à l'hôpital. Où, exactement? Dans la salle d'attente pour 45% des déclarations (et 9% au domicile du patient). Un quart des agressions se sont produites par téléphone, courrier, e-mail ou via internet (lire en page 2). Dans 55% des cas, il s'agissait d'un patient connu. Les profils psychiatriques représentaient 20%, 6% des agresseurs étaient sous influence et 4% avaient un passé criminel. Conséquences: des dommages psychologiques dans 84% des déclarations, mais aussi matériels (6%) et/ou physiques (5%).
SOS Médecins en difficulté
Le formulaire de déclaration de l'Ordre propose, sans obligation aucune, l'aide de Médecins en difficulté (0800/23.460). Auquel cas, un 'médecin de confiance' prend contact (par téléphone ou par e-mail), en toute confidentialité, dans les 24 h, pour fixer un rendez-vous. La plateforme a répondu à 598 appels de détresse en 2024, dont 120 après une agression et 18 pour idéations suicidaires. Une hausse importante (250 appels en 2022), qui s'explique aussi "par une meilleure visibilité et un phénomène de contagion positive", explique Pascale Senny, chargée de mission, "car nous faisons beaucoup de présentations, de prévention et de coaching dans les cercles de médecins, en Glem et dans des services hospitaliers."
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