Interview exclusive de Pedro Facon, à la tête de l'Inami
« Le modèle de concertation fonctionne toujours »

Depuis le 1er janvier, Pedro Facon est le nouvel administrateur général de l’Inami. D’emblée, ce statut fait de lui l’un des hommes les plus influents du système de santé belge. À l’aube de son mandat, nos collègues d'Artsenkrant ont eu un entretien exclusif avec lui, dans lequel il s’exprime sans détour sur les grands dossiers qui seront sur la table de l’Inami dans les mois (et années) à venir.
Artsenkrant : Qu’est-ce qui a changé pour vous depuis que vous êtes administrateur général ?
Pedro Facon : Je suis actif depuis longtemps déjà dans la politique de santé, à différents postes. Je travaille à l’Inami depuis 2005, d’abord dans une fonction de conseil. À partir de 2013-2014, ce rôle est devenu un peu plus « dirigeant ». Ces quatre dernières années, en tant qu’adjoint de l’administrateur général, j’ai déjà collaboré de très près avec lui.
En pratique, nous avons les mêmes compétences. J’étais donc déjà très impliqué dans le fonctionnement de l’Inami ces dernières années. La différence est plutôt d’ordre mental : vous êtes désormais le seul responsable final. Bien sûr, j’ai mon propre style, ma propre manière de piloter et de mener les réunions. J’aime m’occuper de beaucoup de choses différentes – à la fois de la stratégie externe et de la gestion interne.
J’ai l’ambition de poursuivre la modernisation de l’Inami : mettre davantage l’accent sur nos missions essentielles, gagner en efficacité et investir plus fortement dans la numérisation, l’automatisation et l’IA. Parallèlement, je veux faire évoluer la culture de l’organisation et travailler à davantage de transparence.
Il est important que nous puissions l’expliquer clairement à nos partenaires : les prestataires de soins au sein du modèle de concertation, nos gestionnaires, le monde politique et le grand public. Pour une organisation qui existe depuis près de 60 ans, nous devons réfléchir à la manière dont nous voulons nous positionner en 2026. Mon ambition est simple : faire de l’Inami l’une des administrations publiques les mieux gérées du pays. Nous pouvons être fiers de ce que nous accomplissons avec des moyens limités, mais nous devons en même temps rester critiques, tant vers l’extérieur qu’en interne.