Conditions salons : ce n’est pas fini !
Ce qu’il y a d’intéressant, avec les taux d’intérêt plus favorables que les banques proposent à l’occasion du salon de l’auto, c’est qu’ils restent valables près de deux mois. Favorables ? Oui, surtout pour les véhicules neufs ou récents, ainsi que pour les voitures électriques et peu polluantes.

Ces conditions de financement spécifiques ne sont souvent annoncées qu’au dernier moment, question de les adapter éventuellement en fonction de la concurrence, mais elles prévalent jusqu’au 28 février chez BNP Paribas Fortis et au 1er mars chez KBC, pour retenir deux exemples… quasiment identiques et valant pour l’ensemble du secteur. Les conditions sont relativement proches également, dont se distingue toutefois le taux minimum de 2,75 % affiché par Beobank. Grande diversité par contre, dans toutes les institutions, entre le taux valant pour un véhicule neuf ou très récent, très clairement favorisé, et une voiture d’occasion de plus de trois ans : ici, on se situe plutôt à 4,65 %. On observe que le prêt vélo est souvent mis en lumière dans la foulée.
Priorité au neuf…!
Gros succès de fréquentation pour le salon de l’auto – pardon, le Brussels Motor Show – devenu le plus important d’Europe. Et, fidèles à la tradition, sympathiques offres de financement de la part des banques. Attention à la confusion possible chez KBC/CBC : le prêt auto qualifié de « Plus » n’a rien de privilégié, mais est au contraire moins avantageux que le prêt classique. Le Plus signifie en effet qu’il s’agit d’un prêt avec une dernière mensualité « majorée », c’est-à-dire considérable par rapport à celles qui précèdent. Pour un montant de 25.000 euros et une durée de 60 mois, cette mensualité bondit ainsi de 332,27 à 8.431,73 euros. Cette formule spécifique, également proposée dans d’autres institutions, affiche ici un taux de 3,65 % pour les véhicules électriques et hybrides rechargeables âgés de moins de 3 ans. Il passe à 3,75 % pour les véhicules non électriques, toujours de moins de 3 ans. Petit détail technique : ce « taux débiteur actuariel fixe » avancé par KBC équivaut dans ce cas (et le plus souvent d’ailleurs) au « taux annuel effectif global » (TAEG) plus généralement évoqué dans le domaine du crédit.
Pour les prêts classiques, le taux « salon » est de 3,35 % pour les voitures neuves et d’occasion de moins de trois ans. Il est un peu plus avantageux pour les véhicules pas ou peu polluants. C’est-à-dire non seulement pour les voitures électriques, mais également pour les hybrides rechargeables émettant moins de 50 grammes de CO² par kilomètre. Le TAEG revient ici à 3,25 %. Ceci vaut également pour le prêt vélo. On note donc que, chez KBC comme ailleurs, c’est l’âge qui fait la différence, plus que le type de propulsion. Ceci se confirme avec le taux appliqué aux véhicules âgés de plus de trois ans : 4,45 % pour les voitures électriques et hybrides et 4,65 % pour les autres véhicules.
… mais aussi à l’électrique
C’est très symboliquement que Fortis se situe juste en-dessous de KBC pour les véhicules neufs ou âgés de moins de trois ans émettant moins de 50 g de CO² par km, avec un taux d’intérêt de… 3,24 %. La filiale belge de BNP Paribas retient par contre l’attention avec le TAEG de 2,99 % réservé au financement des voitures électriques. Non seulement neuves, mais également d’occasion, toujours âgées de moins de trois ans. La banque se distingue avec un financement encore favorable, à savoir au taux de 3,39 %, pour les véhicules neufs mais un peu plus polluants (émissions dépassant 50 g de CO²). Mêmes conditions pour les véhicules d’occasion récents (moins de trois ans) qui dépassent ce seuil. Et les voitures plus anciennes mais vertueuses, c’est-à-dire se situant à moins de 50 g de CO² ? Elles sont pénalisées par un taux de 4,64 %. Il se confirme décidément que si la vertu écologique est récompensée, c’est clairement la jeunesse qui importe le plus en matière de financement automobile. Précision : ces conditions valent pour Fortis, mais aussi pour les enseignes Fintro, Hello bank et bpost.
Pour une voiture moyennement propre
Belfius se montre assez souple pour les émissions de CO², en acceptant jusqu’à 160 g de CO² pour les voitures à essence. Et ceci pour obtenir le financement à 3,25 % qui vise finalement tous les véhicules âgés de moins de trois ans. La banque publique marque par ailleurs une petite différence avantageuse avec Fortis en affichant un taux de 2,95 % pour les voitures non polluantes (électriques, plug-in, CNG, hydrogène), neuves ou âgées de moins de trois ans. Chez ING, une voiture électrique neuve permet un taux de 3,1 %, tandis que, à l’autre extrême, une voiture non électrique âgée de plus de trois ans est frappée de 4,65 %.
Attention à la confusion possible chez KBC/CBC : le prêt auto qualifié de « Plus » n’a rien de privilégié, mais est au contraire moins avantageux que le prêt classique.
Ce dernier taux prévaut donc un peu partout pour ce type de véhicules. C’est également le cas chez Crelan par exemple, où le taux le plus bas est de 3,25 %. Comme chez de nombreux confrères, encore une fois. Champion des comptes bancaires avantageux, Argenta n’a pas voulu faire d’étincelles pour le salon, se contentant de proposer un taux de 3,09 % pour les voitures qualifiées d’écologiques, à savoir les électriques de moins de trois ans d’âge. Ce taux est de 3,29 % pour les autres, tandis qu’il grimpe à 5,99 % pour toutes les voitures âgées de plus de trois ans. Voilà un créneau qui n’intéresse visiblement pas la banque anversoise ! Elle prête par contre jusqu’à 125 % du montant de la facture, mais toutes ces conditions ne valent ici que jusqu’au 15 février.
Toujours plus… bas
Impossible d’évoquer toutes les propositions et leurs subtilités, mais impossible aussi de ne pas évoquer celles affichées jusqu’au 28 février par Beobank, les plus avantageuses. Comme la plupart des offres salon, elles sont réservées aux particuliers. Le prêt «voiture neuve» à 2,75 % constitue clairement la proposition la plus avantageuse du moment, d’autant qu’elle vaut en réalité aussi pour des véhicules âgés de moins de deux ans et qu’elle peut atteindre 120 % de la valeur du véhicule, de manière à couvrir également l’assurance et la taxe de mise en circulation. Ici aussi, une fleur est faite aux véhicules « verts », c’est-à-dire n’émettant pas de CO² : la TAEG est réduite à 2,65 %. Ici comme là, ce taux s’entend pour tous véhicules, y compris vélos et trottinettes. La filiale du groupe français Crédit Mutuel a frappé fort ! Il est à noter que la banque affichait l’an dernier 3,25 %, comme les ténors du secteur. Cette année, Beobank s’en démarque spectaculairement.
Ces taux sont-ils vraiment avantageux ? Globalement, ils le sont de toute façon dans les banques, par opposition aux conditions affichées par des institutions plutôt orientées vers les prêts personnels. Celles-ci pratiquent souvent des taux relativement proches de ceux de ces derniers pour le prêt auto. Pour une voiture électrique neuve, Cetelem propose un taux de 5,99 % et ceci pour un prêt de 30.000 euros sur 60 mois. Pour un véhicule d’occasion de plus de trois ans, le taux passe à 6,99 %, une majoration limitée par rapport au taux précédent, fort élevé il est vrai.
Cofidis, de son côté, annonce un taux possible de 5,9 %, pour une voiture neuve, mais son site Internet ne propose de simulation que pour un véhicule d’occasion. Le taux est alors de 7,9 % pour un prêt de 10.000 euros sur 30 mois et de 9,49 % pour 20.000 euros sur 60 mois. Ce n’est pas léger…
Du côté de l’assurance aussi
On ne peut oublier que les «conditions salon» peuvent être de mise aussi du côté de l’assurance. Y compris dans les banques. Beobank propose ainsi un contrat (auprès d’ACM Belgium) avec une réduction de 10 % sur la première prime annuelle, et ce jusqu’au 31 mars. Ceci vaut pour un premier contrat, faut-il préciser. Chez KBC/CBC, une remise de 15 % est offerte sur l’assurance Omnium tous risques, jusqu’au 30 avril. De son côté, ING va un peu plus loin, avec une réduction de 20 %, toujours pour la première année bien entendu. Échéance : le 31 mars. Approche un peu différente chez Belfius, qui accorde deux mois de gratuité sur la prime annuelle. Peu d’offres spécifiques et fracassantes du côté des assureurs. À l’exception notable d’Ethias et AXA, dont la promotion vaut classiquement jusqu’à fin mars. La première offre 20 % de réduction sur la prime de la première année, tandis que la seconde offre la gratuité des trois premiers mois.