Le journal du Médecin dit non à la rédaction par l'IA
Depuis trois ans, on ne compte plus les infos qui rapportent comment l’IA « chambouleverse » nos modes de travail et manières de soigner. Le journal du Médecin n’est pas innocent à ce vacarme. Mais tant sa rédaction que ses collaborateurs tentent de l’aborder de manière critique et constructive.
Comme sujet d’actualité d’abord. Le lecteur assidu aura noté l’apparition de la chronique 'IA en médecine' du Dr Carl Vanwelde. En guise de teasing, d’ailleurs : dans le prochain numéro, OpenEvidence passera sur le billard. Une IA conçue par et pour les médecins.
Mais l’IA est également un outil pour l’équipe du journal. Malgré une moyenne d’âge de 47 ans (mes collègues me tirent vers le haut), nos journalistes n’adoptent pas une posture technophobe face à l'IA. On essaie, on chipote, on observe. Et on constate que parfois ça marche, souvent ça ne marche pas. Dernier exemple en date : arrive, sur la table de la rédaction, la question de faire résumer un papier scientifique par IA. Exceptionnellement, pour « dépanner » une newsletter. Le texte aurait été doublement relu et corrigé, par un médecin puis par un journaliste. Personne n’était tout à fait fan de l’idée, on l’avoue...
Et, dès le premier test, l’équipe au complet a enterré l’idée. Malgré un très bon papier du Lancet et un prompt millimétré fournis d'entrée de jeu, le diagnostic de la médecin qui a examiné le texte était sans appel : « Franchement, pas mal, mais j’aurais mis moins de temps à écrire moi-même un meilleur compte-rendu qu’à corriger cette version ».
Par transparence pour le lecteur et parce que le journal s’est récemment équipé d’une armada de médecins rédacteurs, on se permet donc de l’affirmer (avec une pointe de fierté) : Le journal du Médecin dit « non » à la génération d’articles médicaux par l'IA.