Quel avenir pour les suppléments ?
Imaginez une fédération de médecins spécialistes, qui loue une salle de conférence et la remplit d'un public de médecins spécialistes, qui constitue un panel d'orateurs présidents de syndicat de médecins spécialistes, et parachute au milieu de celui-ci... un secrétaire général de mutualité socialiste. Vous aurez alors un bon aperçu du débat sur les suppléments d'honoraires organisé par la FMS samedi 7 février, Place Poelaert à Bruxelles.
Malgré les oppositions saillantes (lire en page 6), on note que la racine du problème met tout le monde d'accord. La nomenclature des prestations médicales, complètement déphasée avec la réalité actuelle du terrain, rend inévitables ces suppléments d'honoraires si controversés dans le débat public. 2028 et ses réformes en santé (nomenclature et financement des hôpitaux) va se faire longuement attendre. Heureusement, l'Inami a déjà mis la machine en marche. Les pseudocodes permettront, entre autres, d'identifier les prestations très demandées mais sous-valorisées, et de remédier à certains problèmes (lire en page 10).
Faute de maîtriser finement la matière, le journaliste modérateur du débat a (trop) souvent tenté de ré-orienter la discussion sur la question communautaire, davantage sa marotte. Bien sûr, les spécificités régionales ne facilitent pas le dialogue. La proportion de chambres individuelles, élément clé pour la facturation de suppléments en hôpital, diffère fortement entre le Nord et le Sud du pays. Mais syndicats, mutuelles et fédérations hospitalière, tous s'accordaient pourtant pour dire que le prisme Flandre/Wallonie était celui qui marquait le moins les discussions. « L'union fait la force ; nous devons réfléchir ensemble à un meilleur système », a d'ailleurs opportunément rappelé le bruxellois Dieter Goemaere, directeur Hôpitaux à Gibbis.