Valve auto-expansible par voie fémorale
Première: l’UZ Gent implante une valve de l’artère pulmonaire sans chirurgie à cœur ouvert
Des cardiologues de l’UZ Gent ont traité, pour la première fois en Belgique, un patient atteint d’une cardiopathie congénitale complexe à l’aide d’un nouveau type de valve de l’artère pulmonaire. Cette valve peut être implantée au moyen d’un cathéter introduit par l’aine, ce qui permet d’éviter une opération à cœur ouvert.
Cette technique offre une nouvelle option thérapeutique aux patients présentant des artères pulmonaires de grande taille, chez lesquels les valves actuellement implantées par cathéter ne constituent pas la solution.
La patiente (66 ans) est née avec une tétralogie de Fallot, une cardiopathie congénitale caractérisée par la présence simultanée de plusieurs anomalies cardiaques. "Elle a subi une correction chirurgicale à un jeune âge, mais des problèmes au niveau de la valve de l’artère pulmonaire sont apparus au fil des années", explique l'hôpital par voie de communiqué. Elle avait donc besoin d’une nouvelle valve.
« Chez les patients ayant subi une correction de la tétralogie de Fallot, la valve de l’artère pulmonaire peut, avec le temps, devenir insuffisante », explique le cardiopédiatre Dr Gilles Mets. « Cela peut imposer une charge de plus en plus importante au cœur. Pour notre patiente, nous recherchions un traitement aussi peu invasif que possible, tout en offrant une solution durable. »
Une valve adaptée à une anatomie complexe
Chez certains patients, la voie d’éjection du ventricule droit vers l’artère pulmonaire est fortement dilatée, souvent à la suite d’interventions chirurgicales antérieures. Les valves classiques implantées par cathéter ne sont pas bien adaptées à cette anatomie.
La valve Harmony TPV25 de Medtronic a été spécialement conçue pour ces anatomies plus larges et plus complexes.
La valve est acheminée jusqu’au cœur au moyen d’un cathéter introduit par l’aine, puis se déploie et se fixe solidement en place. Il n’est ainsi pas nécessaire d’ouvrir à nouveau le thorax. Pour les patients ayant déjà subi une ou plusieurs opérations cardiaques, cela peut représenter un avantage important, voire constituer la seule option.
« Une nouvelle opération à cœur ouvert est une intervention lourde pour ces patients », explique le Dr Mets. « Si leur anatomie le permet, cette technique nous permet de leur proposer une alternative moins invasive. »
Une nouvelle option thérapeutique
Pour l’UZ Gent, cette nouvelle option thérapeutique s’inscrit dans le cadre des soins spécialisés destinés aux enfants et aux adultes atteints de cardiopathies congénitales. Ces patients font l’objet d’un suivi tout au long de leur vie.
« Dans le cas des cardiopathies congénitales, les soins ne se limitent pas à une seule intervention chirurgicale », précise le Pr Joseph Panzer, cardiopédiatre. « Nous recherchons donc à chaque fois le traitement le mieux adapté au patient. De nouvelles techniques comme celle-ci peuvent faire une différence importante. »
L’introduction de ce nouveau traitement est le fruit d’une étroite collaboration au sein de l’hôpital et avec des partenaires extérieurs. L’intervention a été réalisée par les équipes de cardiologie interventionnelle et de cardiologie pédiatrique, en collaboration avec les équipes d’imagerie médicale, d’anesthésie et le personnel infirmier spécialisé. Par l’intermédiaire du fabricant Medtronic, elles ont également pu bénéficier de l’accompagnement du Dr Michael R. Schmidt (Rigshospitalet de Copenhague).