Et si les pharmacies venaient à manquer ?
Aux Pays-Bas, de nombreuses pharmacies ont dû mettre la clé sous le paillasson, faute de rentabilité. A présent, la question se pose de savoir si le pays ne va pas manquer d'officines pour assurer un service de qualité à ses citoyens.
La question a été soulevée chez nos voisins du Nord après la publication des chiffres du Stichting Farmaceutische Kerngetallen. Le raisonnement se base sur un calcul simple et est lié à la demande de soins pharmaceutiques. Une demande qui a été plus forte ces dernières années que l'offre en pharmacies.
Système libéral
Les Pays-Bas mettent en place depuis une dizaine d'années un politique d'implantation assez libérale. Le propriétaire d'une pharmacie ne doit ainsi pas être obligatoirement un pharmacien, à condition que la délivrance des médicaments soit quant à elle assurée par un pharmacien. Cette politique a donc mené à un achat massif des officines par les grossistes pharmaceutiques et au développement des chaînes officinales. Le nombre de pharmacies s'élevait à un peu moins de 1.600 en 2000 contre 1.900 en 2008, avec une augmentation moyenne de 2,3 pour cent par an. En 2000, il y avait encore une pharmacie pour 9.000 habitants. La croissance de la population hollandaise étant moins élevée que celle des officines, on comptait en 2008 une pharmacie pour 7.800 habitants. A titre comparatif : la Belgique dispose d'une pharmacie pour 2.000 habitants. Aux Pays-Bas, le pharmacien vit principalement des délivrances de médicaments prescrits. Un segment qui a précisément connu de nombreux changements ces dernières années. Le nombre de médicaments prescrits délivrés par le pharmacien a augmenté de 5,1 % par an. Conséquence : la demande en soins pharmaceutiques est donc devenue plus forte que l'offre en pharmacies. Les officines du pays ne peuvent dès lors répondre à cette demande qu'en se voyant renforcées considérablement en assistants en pharmacie. Or cette hausse des effectifs n'a pas eu lieu. Le nombre d'assistants en pharmacie à plein temps n'a pas bougé d'un poil depuis des années, même si on a engagé davantage d'assistants. Mais notamment en raison de la féminisation de la profession, beaucoup d'assistants travaillent en horaire réduit. La charge de travail pour les assistants a en outre considérablement augmenté. Les pharmaciens n'ont alors d'autre choix que d'engager d'autres employés.