Pas assez de fer ?
Pourquoi peut-on manquer de fer ? Quelles sont les conséquences d'une carence en fer ? Quand faut-il recourir à des suppléments de fer et comment faut-il les prendre ?
Le fer dans l'organisme humain joue plusieurs rôles. La majeure partie (70 %) se trouve dans l'hémoglobine qui transporte l'oxygène dans le sang et la myoglobine qui stocke l'oxygène musculaire. Ce fer est appelé 'fer héminique'. Le reste se retrouve dans certaines enzymes, dans les formes de transport (transferrine) ou de stockage (ferritine).
Signes de carences en fer
Une carence marquée en fer est responsable d'anémie ferriprive. Celle-ci est diagnostiquée par un taux trop bas d'hémoglobine, un hématocrite bas et des réserves en fer diminuées. Cependant certains symptômes - comme de la pâleur, une sensation de fatigue, de l'essoufflement plus prononcé et un rythme cardiaque accéléré - peuvent déjà faire penser à une carence modérée. Mais il n'est pas rare qu'il n'y ait aucun symptôme ou qu'ils soient difficilement repérables car ils s'installent progressivement. C'est surtout grâce aux dosages sanguins que le diagnostic sera correctement posé. La cause la plus fréquente de carence martiale est due à un déficit d'apports alimentaires, notamment de produits carnés. Chez les personnes qui adoptent un régime végétarien, la vigilance est donc de mise. Des pertes sanguines peuvent également provoquer un manque de fer. On pensera aux menstruations, mais il faut également envisager les saignements d'origine digestive. Et enfin, certaines maladies, comme la maladie coeliaque avec ses diarrhées fréquentes, peuvent créer un déficit d'absorption.
Absorption du fer, biodisponibilité et interactions
L'absorption du fer alimentaire a lieu principalement dans la partie supérieure de l'intestin grêle. Les mécanismes d'absorption sont différents suivant la forme chimique du fer et varient en fonction du pH et suivant les divers composants du repas. Seule une faible partie du fer ingéré est utilisée. Le fer héminique est particulièrement biodisponible (environ 25 %) par rapport au fer non héminique (souvent inférieur à 10 %). Ce dernier se retrouve principalement dans les céréales, les légumineuses, les légumes. La prise simultanée de viande, de volaille, de poisson et de certains acides organiques comme la vitamine C, favorise son absorption et, inversement, les polyphénols, les phytates, le calcium, le zinc et certains types de protéines et de fibres alimentaires l'entravent. Expérimentalement, on a déterminé que le thé, le café, le jaune d'£uf et le son diminuent l'absorption du fer. Par contre, chez les personnes dont les réserves en fer sont basses, il existe des mécanismes compensatoires qui l'améliorent.
Besoins en fer : cas spécifiques
Classiquement, on admet que les apports conseillés en fer se situent à 9mg/j et 16mg/j pour les femmes non ménopausées. Cependant, dans certains cas, les besoins sont différents.
Et s'il faut quand même prendre des suppléments de fer ?
Le fer sera mieux absorbé en présence de vitamine C ; certaines spécialités associent donc ces deux éléments. Par contre, la résorption sera diminuée en présence d'un excès de thé et de certains aliments. Pour cette raison, on conseille de prendre ces suppléments de fer à jeun sauf s'ils provoquent des troubles gastro-intestinaux. En outre, on conseille de respecter 2 à 3 heures entre la prise de fer et d'autres médicaments. En effet, le fer diminue entre autres la résorption des diphosphonates, de la levodopa, de la lévothyroxine et des quinolones. La résorption du fer est diminuée notamment par la prise simultanée d'antiacides et de sels de calcium. Et enfin, il faut garder les comprimés de fer hors de portée des enfants car ils peuvent provoquer une intoxication grave.