Une rémunération pas vraiment stimulante pour les génériques
Dans son état actuel - avec une entrée en vigueur prévue le 1er avril prochain -, le système de rémunération des pharmaciens n'encouragerait pas vraiment la vente des génériques. Contrairement au système précédent, le pharmacien aurait en effet tout avantage à délivrer un médicament original. Un constat défendu par Joris Van Assche de FeBelGen.
Cette analyse se base sur le changement de fixation du prix qui doit entrer en vigueur le 1er avril prochain. La rémunération du pharmacien sera en effet constituée pour 80 % d'un honoraire à la délivrance et pour 20 % d'une marge économique. " Tout est entièrement calculé sur base du prix ex-usine ", précise Joris Van Assche. " Et en tenant compte de cette donnée, nous ne pouvons malheureusement que constater que le pharmacien ne gagnera pas au moins la même chose pour la délivrance d'un générique que d'un produit de marque. Aujourd'hui, c'est bien le cas. Mais le nouveau système nous fait faire marche arrière. "
Honoraire pour DCI
Pourtant le législateur a prévu que le pharmacien touche plus lors d'une délivrance sous DCI. Soit un honoraire spécifique de 1,20 euro par prescription sous le nom de la molécule. " Mais ce cas de figure est en réalité plutôt quantité négligeable et se trouve principalement dans les mains des médecins prescripteurs qui doivent établir des prescriptions en DCI ", répond Joris Van Assche. " Le pharmacien touche cet honoraire non seulement pour un générique, mais aussi pour un médicament original qui a baissé son prix au prix de référence, ce qu'ont d'ailleurs fait la majorité des médicaments originaux. Il est juste de dire qu'en cas de DCI, les pharmaciens délivrent la plupart du temps un générique. Mais selon moi, ce phénomène ne se verra ni renforcé ni affaibli par ce futur honoraire supplémentaire d'1,2 euro. "
Ticket rémunérateur
" Le patient paie évidemment un ticket rémunérateur moins élevé sur les médicaments bon marché. Mais pour que cela ait une influence, il doit non seulement en être bien informé, mais aussi suffisamment assertif pour oser le demander lui-même ", poursuit Joris Van Assche. Les pharmaciens semblent entretemps se rendre compte que la vente des génériques leur rapporte moins, sans qu'on ne sache vraiment de manière claire dans quelle mesure cela influence leurs actes. "
Ministre Q
Si le ministre Q donne suite à la demande de FeBelGen, la mise en place de l'opération-rémunération risque de prendre du retard. " Ce que nous ne voulons absolument pas ", répond Joris Van Assche. Et si FeBelGen n'obtient pas gain de cause ? " Je ne veux certainement pas dramatiser la situation ", poursuit-il. " Il faut reconnaitre en effet que 80 pour cent du revenu du pharmacien n'est absolument pas lié au prix du médicament. Et nous nous sommes déjà pleinement satisfaits d'avoir trouvé en la personne du ministre Van Quickenborne un interlocuteur très accessible, désireux de renforcer la part du marché des génériques. Ce dossier n'est seulement qu'une étape du Tour. "