Le président Obama mis sous pression
Presque un an jour pour jour après son entrée à la Maison Blanche, le président américain Barack Obama a essuyé un solide revers dans le Massachussetts. Le candidat républicain Scott Brown y a en effet conquis le siège laissé vacant par le décès de Ted Kennedy. Un revirement de situation qui pourrait bien mettre en péril la réforme de l'assurance-santé.
Un an après la victoire écrasante de Barack Obama, l'euphorie des débuts semble s'être quelque peu étiolée fin 2008, début 2009. La popularité du président américain dégringole à vue d'£il et même un siège qu'on croyait définitivement acquis à la cause démocrate - un siège occupé par le clan Kennedy depuis presque plus d'un demi-siècle - est passé au camp ennemi. Les commentaires qui ont suivi le résultat totalement inattendu de ces élections du Massachussetts pointent du doigt deux facteurs responsables de ce cuisant échec : l'arrogance de Martha Coakley, laquelle n'a pas jugé bon de mener une campagne en bonne et due forme, et l'opposition à la réforme de la santé publique.
Une confortable majorité
Tant la politique d'Obama en Afghanistan ou en Iran que la menace terroriste, ou encore le cas de Guantanamo, ne semblent pas nourrir l'insatisfaction de l'électeur américain. Le principal reproche a trait à la toujours plus contestée réforme de l'assurance-santé. Avec une autre question qui revient forcément à la charge : Obama ne sera-t-il pas que l'énième président à se casser les dents sur ce sujet particulièrement délicat ?
Quatre options possibles
La majorité démocratique comptait adapter les deux textes pour parvenir à un texte de consensus qui puisse être approuvé par les deux instances. Une piste sévèrement compromise par la nouvelle composition du Sénat. Les commentateurs politiques envisagent dès lors quatre grandes options pour se sortir de cette fâcheuse impasse. Première voie envisagée : que la Chambre des Représentants approuve la loi approuvée au Sénat sans adaptations. Ce que ne semble pas vouloir accepter une majorité de représentants. Seconde piste possible : parvenir à un texte de consensus approuvé par le Sénat et la Chambre des Représentants avant la prestation de serment de Scott Brown. Plusieurs élus démocrates estiment néanmoins cette stratégie fort peu élégante et s'opposent à ce scénario qui risquerait bien de se retourner contre eux lors des prochaines élections au Parlement. Troisième option : l'approbation par le Sénat d'un texte édulcoré. Enfin, la quatrième et dernière hypothèse mise sur la tentative des démocrates de rallier un républicain modéré à leur cause pour voter en faveur de la réforme des soins de santé. Un scénario des plus improbables, certainement après la défaite du Massachussetts qui n'a fait qu'alimenter encore la fébrilité de certains démocrates.