Le médicament caméléon sème la confusion
Lors de la récente journée 'Associations de patients' organisée par l'ABSyM*, médecins et pharmaciens se sont penchés sur la sempiternelle question de la mauvaise observance du traitement médicamenteux. Avec un même sentiment prédominant des deux côtés : à force de changer perpétuellement de mensurations et d'habits, le médicament crée une sacré pagaille dans l'esprit des patients.
Docteur, pourriez-vous me represcrire cette fameuse pilule blanche que j'ai prise il y a trois mois ? " Et le médecin consciencieux de demander à la patiente le nom du médicament en question et son indication. " Je n'en n'ai pas la moindre idée... Tout ce que je sais, c'est qu'il me faisait beaucoup de bien Docteur ! ". Une anecdote qui en soi fait sourire, mais qui est aussi symptomatique de la profonde méconnaissance du patient à l'égard de son traitement médicamenteux. " Pilule blanche, rose, bleue, comprimée ou effervescente : la confusion est totale pour de nombreux patients, surtout les patients âgés ou atteints de maladies chroniques ", témoigne le Dr Richard Martens, médecin généraliste.
Les génériques compliquent la donne
Si tout le monde est d'avis que les effets secondaires mettent de sérieux bâtons dans les roues d'une bonne observance, certains pointent aussi du doigt la démultiplication des génériques. " L'introduction des génériques a certes eu deux effets positifs pour le patient : la diminution des prix et l'arrivée de grands conditionnements plus pratiques pour les pathologies chroniques ", reconnait le Dr Richard Martens. " Mais elle a aussi contribué à semer le trouble. Confusion dans les innombrables noms, risque de changement de dosage, manque de confiance du patient, risque d'allergie à un excipient. Sans oublier le problème des importations parallèles avec des conditionnements différents, dont la firme n'est parfois même pas au courant elle même... "