La pollutionjoue au yo-yo
La régulation hormonale des adolescents souffre bel et bien des effets de la pollution. Pesticides et autres métaux lourds transforment leur taux hormonaux en véritables montagnes russes. Une énième mauvaise note attribuée aux pesticides par une étude à grande échelle menée en collaboration avec quatre universités flamandes.
Menée sur des garçons âgés de 14 et 15 ans, cette étude s'est principalement attachée à comparer les taux hormonaux sanguins avec les concentrations en PCB et en pesticides - comme l'hexachlorobenzène ou le DDE (une substance chimique naissant au contact de la fameuse DDT). Premier constat : la concentration hormonale est clairement plus faible en présence de fortes concentrations en cadmium dans l'urine. Une concentration deux fois plus élevée en cadmium entraine ainsi une baisse de quelque 17,6 % du taux de testostérone. Phénomène inverse par contre du côté des PCB, avec une augmentation de 18,6 % du taux de testostérone dans le sang. Soit un peu plus que les 17,6 % observés pour une double concentration en hexachlorobenzène.
Même un rien suffit
Et ceux qui croient toujours dur comme fer que seule une très forte dose de substances nocives est nécessaire pour avoir un impact réel, ils se trompent sur toute la ligne. Car ce sont précisément les plus faibles concentrations en matières polluantes qui présentent le rapport relatif le plus élevé. Si l'on compare les résultats par unité de dose, on constate que chez les jeunes affichant une concentration en cadmium en dessous de la moyenne, l'effet du cadmium sur la concentration en testostérone est cinq fois plus important que chez les jeunes avec une concentration en cadmium au-dessus de la moyenne. Idem au niveau de la concentration en PCB. Dans le groupe avec un taux en dessous de la moyenne, l'effet par unité de dose sur la concentration totale en testostérone est apparu 7,5 fois plus fort que dans celui avec un taux en PCB supérieur à la moyenne. Le même phénomène s'est aussi manifesté pour les concentrations en hexachlorobenzène. Les chercheurs ont remarqué que l'effet de la concentration totale en testostérone était trois fois plus important chez les ados avec un taux inférieur à la moyenne que chez ceux présentant une concentration supérieure. " Cette recherche prouve non seulement que les matières polluantes de notre environnement ont clairement un effet sur la régulation hormonale, mais surtout que cet effet se manifeste déjà en présence de faibles quantités ", conclut le professeur Nicolas Van Larebeke de l'UGent.