Les pharmaciens doivent bénéficier d'une protection
Les pharmaciens doivent être protégés légalement pour pouvoir exercer leur profession en toute indépendance. Le sénateur Louis Ide a déposé une résolution réclamant cette protection moyennant la création de conseils indépendants pour les chaines d'officines.
Cela fait déjà un petit temps que le sénateur Louis Ide (NV-A) planche sur les grandes lignes d'un meilleur encadrement légal de la profession du pharmacien afin de mieux garantir le libre cours de son indépendance. " La reconnaissance du pharmacien comme professionnels de la santé à part entière offre un contraste violent avec l'image du pharmacien comme 'vendeur de médicaments' ", affirme Louis Ide. " La vision sous-tendant cette reconnaissance du pharmacien comme professionnel de la santé implique aussi le maintien d'un principe : le pharmacien et son officine. De plus en plus de pharmacies sont reprises par des chaînes, ce qui ne fait qu'augmenter le nombre de pharmaciens travaillant sous contrat de travail. Même si ce phénomène n'est pas nouveau en soi. Le pharmacien travaillant pour le compte d'une mutuelle existe hélas depuis bien trop longtemps. Les mutualités s'érigent ainsi à la fois juge (contrôleur) et partie (organisateur des soins de santé via la pharmacie) dans la santé publique. "
Renforcer l'indépendance
Les professionnels de la santé doivent pouvoir travailler de manière indépendante. Y compris les pharmaciens ne travaillant pas dans une officine ouverte au public. " Les pharmaciens travaillent par exemple aussi comme pharmaciens-biologistes. Ces derniers sont nombreux à travailler sous contrat de travail pour un laboratoire privé, souvent sous le statut de faux indépendant. Ces biologistes doivent rendre des comptes aux actionnaires de ces laboratoires. En ce sens, l'initiative des associations professionnelles d'instaurer un Conseil pour les biologistes cliniques sur le modèle du conseil médical présent dans les hôpitaux, représentait un pas dans la bonne direction. Une étape de plus pour améliorer l'indépendance des prestataires de soins. Malheureusement, pour d'obscures raisons, cette idée a tout bonnement disparu des projets de loi de madame Onkelinx. Une occasion manquée. "
Regard médico-scientifique
" Les conseils indépendants doivent surveiller spécifiquement l'angle médico-scientifique, qu'il s'agisse de laboratoires, de pharmacies mutualistes ou de chaînes d'officines. Le rôle de ces conseils est d'opérer des choix sur base de l'evidence based medicine. Ils permettent de garantir non seulement les motifs économiques des détenteurs d'exploitation dans le cadre de certaines décisions politiques, mais aussi ceux des pharmaciens-titulaires. Ces conseils protègent les confrères des actionnaires et des exploitants (au sens large du terme) parce que les décisions sont prises de manière collégiale par le Conseil. Des cas de figure comme 'le sirop du mois' ne pourraient ainsi plus exister. "
Une garantie pour l'avenir
Mais cette position implique-t-elle que les pharmaciens sous contrat ne peuvent pas travailler de manière indépendante ? " Non ", répond le sénateur. " Les pharmaciens peuvent tout à fait travailler de manière indépendante, mais un tel Conseil permettrait peut-être d'agir préventivement et dans certains cas même de manière curative, dans un paysage officinal en pleine mutation. "