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Médecin, pharmacien, patient : vive le ménage à trois !

Entre médecins et pharmaciens, les relations ne sont pas invariablement au beau fixe. Le 27 février dernier, il flottait pourtant sur la " grande journée " montée par la SSPF et la SSMG (la société scientifique des généralistes francophones) des effluves de calumet de la paix, aromatisés à la complémentarité. Quand les gens dialoguent, beaucoup d'angles s'arrondissent... Simple et ancrées dans le quotidien, des initiatives comme la " fiche posologie " ou le " diabetest " traduisent le souci des deux professions d'envoyer au dernier sommet du triangle - le patient - des signaux convergents. |

15 mars 2010

Dans les pays développés, " la moitié des malades chroniques seulement sont observants, ce qui signifie qu'ils font un usage correct de 8 médicaments sur 10 ", amorce Alain Chaspierre, de la SSPF. Un phénomène qui, selon les chiffres de l'association européenne des pharmaciens d'officine, pèse à l'échelle de l'Union 125 milliards en coûts additionnels et gaspillages, et provoque quelque 200.000 décès annuels. Multifactorielle et complexe, la non-adhésion thérapeutique peut varier entre autres selon la pathologie et le traitement - 87 % des gens arrêtent dans l'année leurs corticoïdes inhalés contre 33 % quand il s'agit d'hypocholestérolémiants - mais aussi en fonction de la concordance des messages reçus à la prescription et à la délivrance d'un médicament.

La triade du bon usage

Comme le souligne l'orateur, une méta-analyse parue en 2006 dans le BMJ établit que la bonne observance fait reculer de 44 % la mortalité. C'est loin d'être anecdotique et amène à regretter d'autant plus que les patients aient tendance à surestimer leur propre compliance. D'où l'idée de la SSPF de développer, de concert avec la SSMG, un outil de liaison : la " fiche posologie "(1), qu'une phase pilote dans une dizaine d'officines, en 2009, a permis d'affiner.

Consultez, vous êtes cerné

Autre initiative groupée des deux professions : le diabetest. Beaucoup de diabétiques type II s'ignorent, comme vous le savez. Un dépistage précoce permet d'éviter bien des complications et dépenses ultérieures (un diabétique coûte en moyenne à la collectivité 1.500 euros par an - et 5.000 si la maladie est mal équilibrée). Le diabetest, présenté par le Dr Pizutto (SSMG), repose sur un formulaire disponible dans les officines et les salles d'attente(2). Il sert à cerner le risque de développer un diabète dans les dix ans, à travers une petite dizaine de questions (sur l'âge, le BMI, le tour de taille, l'activité physique, l'alimentation...).

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