Toro : un futur grand d'Espagne, Olé !
Les grands fleuves sont habituellement le théâtre de grands terroirs. Le Rhin et la Moselle alignent une série impressionnante de crus prestigieux, le Rhône abrite Châteauneuf-du-Pape, Hermitage, Condrieu et Côte Rôtie et la Gironde, les grands crus du Bordelais. Le Duero, qui prend sa source en Espagne dans la sierra d'Urbion à plus de 2.000 m d'altitude pour se jeter dans l'Atlantique à Porto plus de 850 km en aval, a connu un destin similaire.
Avant de baigner la prestigieuse aire de production du vin doux naturel de Porto, autour de sa capitale Pinhao, il est passé par Peñafiel pour accoucher de ce qui constitue sans doute la meilleure appellation espagnole actuelle, fief du célèbre Vega Sicilia et du cultissime Pingus : la bien nommée Ribera del Duero. Cette dernière a explosé, passant de 20 à 200 domaines en à peine 20 ans. Et elle déborde à présent sur sa voisine Toro, jusqu'à récemment dévolue aux vins simples, robustes et vineux. On ne compte plus les propriétaires qui s'y établissent, attirés par un climat et une géologie proches de son illustre consoeur (écarts de température important entre le jour et la nuit, sol riche en calcaire, sur substrat schisteux) - et une saine émulation a fait le reste.