La nouvelle rémunération change-t-elle l'addition du patient ?
Les pharmaciens peuvent enfin sabler le champagne. Après des années d'âpres négociations, ils ont enfin obtenu l'ultime objet de leurs convoitises : un nouveau système de rémunération qui permette à leur marge de ne plus dépendre uniquement du prix de vente d'un médicament, mais bien d'être le fruit d'un savant calcul entre une marge économique et un honoraire pharmaceutique fixe. Annoncé comme neutre pour le patient, ce changement ne risque-t-il pas malgré tout d'influer sur le cours de son porte-monnaie ?
L'arrêté royal sur le nouveau système de rémunération du pharmacien a finalement été publié sur le fil du rasoir. Les pharmaciens sont donc parvenus là où tant d'autres avant eux avaient échoué : décrocher un montant fixe et intouchable, en des temps où les prix des médicaments augmentent moins que la hausse globale du secteur. Un véritable exploit.
Remboursement de référence
Le système de remboursement de référence subit lui aussi quelques petites modifications. L'année dernière, la décision avait ainsi été prise d'adapter les listes quatre fois par an (faisant disparaitre par la même occasion les étiquettes de prix des boîtes de médicaments), mais aussi d'intégrer les sels, esters, éthers, (mélanges d') isomères, complexes ou dérivés dans le système de remboursement de référence - comme par exemple le lévocétirizine et l'escitalopram. Une nouveauté permettant néanmoins aux laboratoires d'introduire une demande d'exception pour un produit doté d'une valeur ajoutée significative au niveau sécurité ou efficacité. Ce qu'a d'ailleurs fait UCB pour son lévocitirizine, avant de se voir adresser - contre toutes attentes - un refus et d'annoncer devoir diminuer le prix de son produit.
Marge de sécurité
Certains fabricants décident parfois de ne pas diminuer le prix de leur médicament original. Conséquence pour le patient : une addition plus salée, puisqu'il doit supporter les coûts supplémentaires. Un scénario désormais caduc grâce à l'application d'une marge de sécurité. Une fois repris dans le système de remboursement de référence - soit dès l'arrivée d'un générique sur le marché -, le médicament original doit à présent respecter un prix maximal autorisé. Ce dernier est égal à la base de remboursement augmentée d'une marge de sécurité correspondant à 25 % de la base de remboursement. Le patient devra donc payer de sa propre poche un montant plafonné à 25 % du prix de base, soit un maximum de 10,80 euros. Petite nuance à lire entre les lignes : ce système vaut uniquement pour les médicaments entrant dans le système de remboursement de référence (parce qu'un supplément ne peut être calculé que pour ces médicaments). Si un laboratoire refuse de diminuer son prix, le médicament est alors retiré de la liste de remboursement. Dans ce cas de figure, le patient ne devrait pas en payer les pots cassés, puisqu'il existe de toute manière un générique sur le marché.