Les incitants financiers font débat
Selon le rapport rendu par l'avocat général de la Cour européenne de Justice, la Grande-Bretagne enfreindrait une directive européenne interdisant l'octroi de prime aux prescripteurs. Ce problème légal concerne la prime perçue par les médecins lors d'une prescription de médicaments génériques.
Instigatrice de la polémique, l' Association of the British Pharmaceutical Industry (APBI) a dénoncé la première cette pratique d'octroi de primes aux médecins généralistes en cas de prescriptions de médicaments génériques. Selon l'association britannique, de tels avantages financiers ne peuvent en aucun cas être accordés à des personnes prescrivant ou délivrant des médicaments. Une interdiction qui figure d'ailleurs également dans la loi de notre pays. Et justement, le système belge - qui fixe des quotas de prescriptions pour les médicaments bon marché et qui, selon le nouveau système de rémunération, rétribue les pharmaciens en cas de prescription en DCI - ne risquerait-il pas lui aussi d'être remis en question ? Pour FeBelGen, il est encore bien trop tôt pour tirer des conclusions. " On attend le verdict pour le milieu de l'année. En outre, le rapport n'inclut pas la question de savoir si l'interdiction est aussi d'application pour un certain médicament remplacé par un autre ayant le même principe actif. "
Pas d'empressement inutile
FeBelGen dénonce aussi le raisonnement de base qui sous-tend le rapport. " Selon l'avocat général, le but du gouvernement britannique est de promouvoir un médicament A au détriment d'un médicament B. D'où l'interdiction de cette promotion sur base d'incitants financiers. Nous pensons que l'objectif final du système britannique est plutôt de parvenir à maitriser le budget de la santé, pour faciliter l'accès aux soins de santé et aux médicaments à tous les citoyens. La rémunération des médecins en est un moyen, mais pas un but en soi ", commente Joris Van Assche, administrateur-délégué de FeBelGen. " Si la Cour de Justice devait suivre l'avocat général sur toute la ligne, on pourra alors se poser des questions sur le maintien de certains points du nouveau système de rémunération des pharmaciens, notamment de la rétrocession (à hauteur de 80 %) des économies réalisées par les pharmaciens lors de la délivrance du médicament le moins cher en cas de prescription en DCI pour certaines classes thérapeutiques. " Mais pas de quoi mettre la charrue avant les b£ufs. Comme l'a confié le cabinet de Laurette Onkelinx à nos confrères du Généraliste, " la promotion des génériques seuls n'a jamais été à l'agenda en Belgique. A prix égal, aucune distinction n'est faite entre un original moins cher et un générique. "