" La DCI, bon gré mal gré "
La DCI peut éventuellement s'avérer utile dans le cadre de traitements aigus, notamment si un patient arrive à l'officine peu avant sa fermeture avec une prescription urgente. Mais, pour Marc Moens, président de l'Absym (Association Belge des Syndicats Médicaux), elle n'est certainement pas indiquée dans le cas de traitements chroniques.
Dès l'autorisation de la DCI en 2005, de nombreux pharmaciens y ont vu le signal pour pratiquer la substitution. Ce qui a provoqué de nombreux accidents thérapeutiques. En Europe, nous dénombrons chaque année quelque 200.000 décès dus à des erreurs médicales. L'initiative de l'AFMPS destinée à mettre en ligne toutes les informations autour de la DCI s'avère à ce titre particulièrement utile. Elle permettra au médecin de mieux s'y retrouver quand il prescrit en DCI. Mais aucun médecin pratiquant n'a été consulté durant la réalisation de ce document, qui a pourtant été étudié dès 2007. Cela devait être un secret d'état, car nous n'en avons jamais entendu parler. Ce qui engendre naturellement une certaine ranc£ur. Une bévue de taille d'un point de vue psychologique et agogique, certainement pour le patient. Car qui prendra au final la responsabilité ? Et si une erreur se produit ? Qui sera 'coupable' ? Je sais que nous sommes ici un peu seuls. Lors de la Medicomut, nous - médecins - étions les seuls à avoir voté contre le droit de substitution. Mais on ne pourra pas exiger de nous que nous prescrivions en DCI. La DCI doit rester une possibilité auquel le médecin peut décider ou non d'avoir recours selon son bon jugement. "