" On ne fait appel à nous que pour des questions d'argent "
Pour Leo Neels, la coupe est pleine. Le directeur de pharma.be estime totalement incompréhensible et inadmissible que son organisation n'ait pas été une seule fois consultée lors de l'élaboration du document DCI de l'AFMPS. " On ne se rend pas compte de l'impact que cela peut avoir sur les quartiers généraux pharmaceutiques. En nous mettant devant le fait accompli, on sous-estime totalement les dommages collatéraux que cela entraine pour la réputation belge ".
La vive réaction de pharma.be prend en fait sa source à deux niveaux : d'une part, sur la manière dont le document a été réalisé ; d'autre part - au niveau du contenu -, sur l'impact de l'incitation à prescrire en DCI sur le secteur pharmaceutique et sur le patient. Si le mécontentement autour du manque de concertation est grand, les conséquences de la DCI sur l'industrie alimentent sans doute davantage cette discorde.
Nom de marque et responsabilité
" Les nouveaux médicaments obtiennent un nom de marque, lequel permet de discerner une marque d'une autre. Un nom que l'on attribue pour de bonnes raisons ", explique Leo Neels. " Parce qu'en tant que marque reconnaissable, une différence peut être faite. La marque est associée à un produit et son fabricant en porte ouvertement l'entière responsabilité. Ce qui n'est pas le cas pour le nom de la molécule. Or le gouvernement a décidé d'ignorer totalement cette marque. "
Confusion générale
Pharma.be dénonce la forme, mais aussi le contenu. " Les patients ont besoin de clarté ", poursuit Leo Neels. " Comment sauront-ils qui est leur premier interlocuteur pour le traitement ? Leur premier conseiller en cas de problème ? Alors que dans tous les domaines les citoyens demandent plus de transparence et de clarté sur qui fait quoi, la prescription en DCI risque de brouiller les rôles respectifs du pharmacien et du médecin aux yeux du patient. Et donc de nuire à l'observance thérapeutique. Il ne faudrait pas que le souci, légitime, de la prescription moins chère, se fasse au prix d'une moindre transparence sur le rôle du fabricant du médicament d'une part, particulièrement de l'innovateur, et sur les rôles respectifs du médecin et du pharmacien d'autre part. "
Partenaire
" Pharma.be ne cesse de se profiler comme partenaire des autres acteurs de l'assurance-maladie, mais est-ce que ces responsables sont certains qu'ils annoncent aujourd'hui un système qui marquera un progrès pour la santé publique, et qui renforcera la collaboration - dans les circonstances difficiles que nous traversons - de tous les partenaires des soins de santé ? "