La contrefaçon nuit gravement à la santé
Le secrétaire d'Etat à la Coordination de la lutte contre la fraude Carl Devlies (CD&V) a présenté les premiers résultats de l'action commune des différents services fédéraux contre la contrefaçon.
Selon les estimations de l'OCDE, le chiffre d'affaires des produits contrefaits représenterait entre 7 et 10 pour cent du commerce mondial, soit quelque 350 milliards d'euros. Un montant aussi grand que l'ensemble du PIB de la Belgique. Et le trafic de faux médicament reste l'un des plus importants de ce marché frauduleux. Cette contrefaçon a des conséquences non seulement au niveau de l'économie (la contrefaçon causerait chaque année une perte de 200.000 emplois dans l'industrie européenne), mais aussi au niveau de la santé publique. Le gouvernement belge mène donc depuis quelques années une lutte coordonnée contre ce fléau.
Action commune
Sous la direction de Carl Devlies, secrétaire d'Etat à la Coordination contre la fraude, plusieurs services fédéraux - Santé publique, Economie, AFMPS, la police fédérale et les douanes - collaborent étroitement pour tenter d'enrayer le trafic de médicaments contrefaits. " Avec succès ", précise Carl Devlies lors de la présentation des premiers résultats de cette action commune. " L'année dernière, les services de douane ont saisi quelque 295.000 doses de médicaments, dont 5 pour cent étaient contrefaits. Pour le reste, il s'agissait de médicaments interdits (91 %) et de narcotiques (4 %). " Un butin qui peut pourtant sembler bien maigre au vu de celui de l'année précédente qui s'élevait à pas moins de 2.664.000 doses de médicaments saisies. Ce record de 2008 s'explique en grande partie par la saisie exceptionnelle de deux conteneurs de médicaments contrefaits (2,3 millions de faux médicaments) aux aéroports de Zaventem et de Bierset.
Les réseaux sociaux en lice
Malgré le développement massif de ce circuit illégal, le patient belge reste pourtant en dehors de ses filets. Comme l'a souligné Xavier De Cuyper (AFMPS), les médicaments circulant dans le circuit légal - les pharmacies - sont tout à fait sûrs, grâce au système des codes-barres. Ce qui n'empêche pas certains de nos compatriotes d'être confrontés à la contrefaçon, principalement via la vente sur Internet. Principaux produits concernés : les antidouleurs, les antidépresseurs, les somnifères, les aides au sevrage tabagique et les pilules contre les troubles érectiles. Selon les estimations de l'OMS, la moitié des médicaments mis en vente sur la toile seraient des contrefaçons.