Moral en berne du côté des officines
Les pharmaciens français ne voient pas vraiment l'avenir en rose. Selon une récente enquête, près de 20 % d'entre eux avouent craindre mettre la clé sous le paillasson dans les cinq prochaines années.
Réalisé par l'Institut Ipsos, ce sondage a pris la température de quelque 700 pharmaciens français. Et le bilan de santé ne semble guère manifester beaucoup de signes encourageants : près de quatre pharmaciens sur dix craignent pour le maintien de l'emploi dans leur pharmacie et redoutent fortement la concurrence. Ils sont en outre très majoritairement inquiets quant à l'évolution de leur marge bénéficiaire (87 %), de la valeur patrimoniale de leur pharmacie (70 %) et de la croissance de leur activité (68 %). Des craintes qui se traduisent sur leur état d'esprit : ils éprouvent de l'inquiétude (58 %), voire de la colère (31 %), ce qui n'empêche pourtant pas presque la moitié d'entre eux de rester motivés.
Une concurrence féroce
Les coups à répétition assénés par l'enseigne Leclerc semblent avoir réussi à assommer sérieusement l'optimisme des pharmaciens français. Près d'un sur deux estime en effet que les grandes surfaces pourront vendre d'ici cinq ans des médicaments non remboursés. Autre source d'inquiétude : le changement de comportements du consommateur. Près de la moitié des pharmaciens interrogés affirment voir augmenter le nombre de clients refusant de se voir délivrer un générique. Ils sont près d'un tiers à constater que de plus en plus de clients exigent des médicaments qu'ils ont eux-mêmes choisis.