Le pessimisme se propage par-delà les frontières
La France ne semble pas être la seule à appréhender vivement son avenir. La peur de la faillite préoccupe en effet la moitié des officines néerlandaises. Selon une récente enquête d'Atos Consulting, près de quatre pharmacies sur dix chercheraient à rallier une chaîne officinale.
Ce malaise ambiant prend évidemment racine dans le système préférentiel, jugé négatif pour le patient par neuf pharmaciens sur dix. Les malades chroniques réagissent parfois mal à une alternative meilleur marché et commettent plus d'erreurs, avec des conséquences qui ne se font pas attendre. Plus de neuf pharmaciens sur dix redoutent des effets négatifs sur la santé. Les explications au patient, la politique d'achat complexe et la correction des erreurs lors de la prise font perdre beaucoup de temps aux pharmaciens. Les coûts sont devenus également plus élevés, contraignant les pharmacies à commander moins de médicaments. Les patients ne peuvent ainsi plus toujours obtenir immédiatement leurs médicaments chez leur pharmacien habituel. Englué dans davantage de préoccupations d'organisation et d'administration, le personnel a en outre moins de temps à consacrer au patient. Obéissant à la loi du 'toujours moins cher', de plus en plus de médicaments proviennent de pays à bas salaire, au détriment d'une certaine qualité, aux dires des pharmaciens. " Certains fabricants pratiquent du dumping aux Pays-Bas avec de vieux médicaments, sans prêter attention à la qualité des médicaments émanant de ces pays bon marché. " Seul point positif : les assureurs santé améliorent pour leur part la qualité des médicaments.