Faut-il en faire tout un plat ?
Un enfant qui fait la grimace devant son assiette et refuse de manger : le scénario catastrophe pour de nombreux parents. Faut-il rassurer ces parents inquiets ou, au contraire, les diriger vers un médecin ? Quels conseils donner pour les aider à gérer cette situation problématique ?
La première indication sera fournie par l'observation de l'enfant. S'il est dynamique, tonique et ne perd pas de poids, on peut être rassuré : cet enfant mange assez, malgré les craintes des parents. Si au contraire, l'enfant perd du poids et paraît triste, sans entrain et amorphe, alors il convient de l'envoyer chez le médecin qui recherchera en premier lieu une cause somatique. Dans la plupart des cas, les problèmes alimentaires sont bénins et passagers, mais il convient de les repérer afin de prévenir des problèmes plus graves. En dehors des causes organiques, le simple respect de quelques consignes psycho-éducatives peut résoudre bien des problèmes.
D'où provient ce refus de manger ?
De 25 à 35 % des bébés normaux présentent à un moment donné des difficultés alimentaires, avec une proportion plus élevée chez les prématurés. 1 à 2 % des enfants souffrent de troubles sévères. L'approche de ce problème est multifactorielle : problèmes médicaux, climat affectif, qualité de la relation avec la mère, tempérament de l'enfant... Des enfants en carence affective ou ayant des mères souffrant de troubles psychiatriques sérieux (schizophrénie, alcoolisme, toxicomanie, dépression....) auront malheureusement plus de risque de présenter des troubles alimentaires.
Comment réagir face au refus ?
D'abord, il faut veiller au contexte émotif du repas. Il est évident qu'une ambiance détendue et sereine favorisera la prise alimentaire. Si l'enfant ressent du stress autour de lui ou si on est trop insistant à son égard, il risque de se fermer davantage. Des éléments perturbateurs - des changements, certains évènements familiaux - peuvent engendrer des attitudes de refus. Dans ce cas, il sera plus important d'aider l'enfant à gérer ces éléments et ses émotions plutôt que de se focaliser sur le refus de manger. L'appétit reviendra naturellement par la suite.
Stop au grignotage !
Si l'enfant ne mange pas bien à table, il faut éviter de lui proposer de la nourriture à tout moment. En effet, il vaut mieux concentrer l'appétit. Le grignotage brouille les signaux de faim qui favorisent la prise alimentaire. Entre deux repas, on peut cependant offrir une collation tout en veillant à ce qu'elle soit suffisamment éloignée du repas suivant (respecter au moins 90 minutes). Le type de collation sera adapté à l'appétit de l'enfant. De même, certains parents ont tendance à donner trop de lait. Il ne s'agit pas ici d'une simple boisson, mais d'un aliment à part entière. De même, les jus de fruits ou sodas bien chargés en sucre peuvent couper l'appétit.
Faut-il donner des suppléments de vitamines ?
En dehors des vitamines classiquement prescrites par les pédiatres lors des premiers mois de la vie, il n'est pas nécessaire de donner des suppléments lors de refus passagers. Par contre, si certaines catégories d'aliments comme les fruits et les légumes sont totalement exclues malgré les ruses utilisées, un complexe vitaminique adapté sera le bienvenu. De même, lors de refus systématique de la viande, il est bon de surveiller le taux de fer.
Références :