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" Menons d'abord un débat ouvert... "

Le débat autour de la note DCI du CBIP n'en finit pas de faire des vagues. Dans notre précédente édition, pharma.be et l'Absym avaient déjà manifesté leur ferme opposition à ce qu'ils qualifiaient de 'contrainte' à prescrire davantage en DCI. Plus inattendue par contre : la réaction de FeBelGen, qui ne semble guère plus enchanté par la litigieuse circulaire.

26 avril 2010

Cette circulaire a amené la DCI de manière insidieuse ", estime Joris Van Assche de FeBelGen. " Nous devons d'abord et surtout mener un débat ouvert car la DCI compte autant d'avantages que d'inconvénients. Est-ce que nous voulons vraiment d'une culture de prescription en DCI où presque chaque médicament serait prescrit sous le nom de la molécule ? Jetez un coup d'£il sur la situation des Pays-Bas. Dans ce genre de marchés, la concurrence entre les entreprises se traduit par une surenchère de remises accordées aux pharmaciens. Cela peut sembler de prime abord intéressant - ces remises ont même été encouragées par le gouvernement néerlandais dans les années nonante -, mais cela entraine aussi le déclin graduel du soutien de la société et du monde politique envers les pharmaciens néerlandais, qui doivent maintenant en découdre avec le système préférentiel. Une conséquence directe d'une allocation non transparente des produits. "

No switch

Mais pour FeBelGen, la question est bien plus large. L'organisation coupole des génériques de notre pays bute aussi sur un élément de la note DCI ayant trait au 'no switch'. Pour certains groupes de médicaments, le pharmacien doit ainsi délivrer le choix initial du médicament prescrit. " Le 'no switch' évoqué par la note concerne les médicaments ayant une marge thérapeutique étroite (NTIDs), soit des médicaments où la différence entre la dose toxique et la dose thérapeutique est faible. Si on part du principe que des médicaments avec un même principe actif ont obtenu un même enregistrement, qu'ils sont bioéquivalents et donc identiques -qu'il s'agisse d'un marque-générique ou d'un marque-marque -, nous ne pouvons que conclure que cela ne peut jamais poser problème puisque les produits sont identiques. Aux USA, la question n'est pas soulevée. Au Canada, seule une petite liste de neuf 'critical dose drugs' a été fixée. Quant à l'Europe, elle ne dispose tout bonnement d'aucune liste ! La situation reste donc pour le moins ambiguë car les Etats membres peuvent chacun fixer des règles différentes. Comme c'est le cas en Belgique. Nous disposons à présent d'une liste de quelque 32 NTIDs et d'une série d'oncologiques qui ne peuvent pas être substitués."

32 NTID's

" Et c'est ici que réside le problème : sur ces 32 NTID's, seules huit molécules disposent d'une version générique dans notre pays. Je suis tout à fait enclin à accepter que certains médicaments ne puissent être substitués pour une quelconque raison scientifique. Et c'est précisément ici que le bât blesse. Les raisons qui motivent la présence de médicaments dans la liste des 'no switch' ne nous ont jamais été clairement expliquées. Mais ce n'est pas tout. Il y a des molécules - comme l'amiodarone - qui sont présentes chez nous en version générique depuis 1992, sans que jamais un problème ne nous ait été rapporté en 18 ans de temps. Si un problème venait à se déclarer, je serais alors le premier à être d'accord pour approuver ce système. Mais d'autres médicaments, comme la cisplatine ou le méthotrexate, sont disponibles ici depuis quinze ans sans que nous n'ayons eu vent de la moindre survenue d'un problème notoire sur le marché. On peut donc difficilement dire qu'il n'existe pas d'une manière ou d'une autre une équivalence thérapeutique. Et si cela devait être le cas, je veux alors en voir les preuves scientifiques. Mais il n'existe aucune étude convaincante à ce sujet dans la littérature scientifique. "

Copie à revoir

Une note à revoir donc, estime Joris Van Assche. " Car sinon, on remet même en question les enregistrements de l'AFMPS. Les critères d'enregistrement des NTIDs sont en outre encore plus stricts. Jusqu'à présent, je reste sur ma faim quant à la méthodologie employée pour justifier ce système du 'no switch'. Mais je reçois à présent de nombreux signaux montrant qu'une adaptation est encore possible, et je m'en réjouis. " Joris Van Assche veut donc, comme ses confrères de pharma.be, entamer un dialogue constructif.

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