La vente sur le net tisse ses premières mailles
Internet guettait depuis longtemps pour entrer à pas de loup dans la bergerie française. Roselyne Bachelot vient de lui en donner le signal. La ministre de la Santé a en effet annoncé son intention d'autoriser la vente sur Internet des médicaments non remboursés et délivrés sans ordonnance.
Elle l'avait déjà glissé subrepticement ça et là lors de précédentes déclarations. Après avoir tâté le terrain, Roselyne Bachelot s'est enfin décidée à mettre en branle ouvertement la lourde machine de son projet de réforme : autoriser, à l'instar d'autres pays européens, la vente sur le net de médicaments non remboursés et délivrés sans ordonnance. Une première réunion de concertation s'est déjà tenue au Ministère de la Santé avec les différentes parties concernées, dont l'Ordre des pharmaciens, les syndicats d'officines et l'industrie pharma.
Conformité européenne
" Les Français souhaitent avoir accès à la vente de certains médicaments sur Internet et je veux protéger la santé de mes concitoyens en empêchant les contrefaçons ", a expliqué Roselyne Bachelot. " Seules les pharmacies légalement installées en France ou en Europe pourront ouvrir un site qui permettra la vente de médicaments. " Outre la volonté de devancer les sites de vente en ligne étrangers déjà accessibles aux Français, la ministre de la Santé entend surtout se conformer à une décision européenne et s'aligner sur les autres Etats membres qui prennent en compte l'arrêt Doc Morris autorisant la vente de médicaments sans ordonnance sur Internet. Seule condition sine qua non posée par Bachelot : limiter la vente sur Internet aux médicaments en vente libre et non remboursés par la sécurité sociale.
Enthousiasme modéré
Sans surprise, les syndicats de pharmaciens ont aussitôt émis de profondes réserves face à ce projet de réforme. Ils craignent que cette forme de distribution n'engendre notamment un essor de la contrefaçon de médicaments et de faux sites de pharmaciens. Sans compter le manque de suivi thérapeutique du patient. Mais avant - sans doute - de faire de fortes vagues, cette tempête reste pour l'heure sagement dans son verre d'eau. L'idée n'a pas encore été soumise au gouvernement et les concertations ne font que débuter. Même si la ministre de la Santé a déjà glissé vouloir arriver à ses fins d'ici 2011.