Les antibiotiques mis au régime méditerranéen
Selon le dernier sondage Eurobaromètre, quatre Européens sur dix ont eu recours à des antibiotiques au cours des douze derniers mois. Les pays du Sud, l'Italie en tête, décrochent sans peine la palme des plus gros consommateurs. Si le niveau de connaissance des citoyens européens ne semble pas vraiment faire des étincelles, la Belgique sauve l'honneur en se hissant à une honorable 6e place.
Selon l'enquête Eurobaromètre 'Résistance antimicrobienne' menée sur quelque 26.761 citoyens issus des 27 Etats membres - dont 1.003 Belges -, 40 % d'Européens ont consommé des antibiotiques au cours des douze derniers mois. Soit des résultats en tout point comparables à ceux du sondage de 2002. Mais cette moyenne européenne cache néanmoins des disparités assez fortes entre les différents pays. Les pays du sud partagent ainsi tous un même appétit pantagruélique des antibiotiques. Avec ses 57 %, l'Italie arrive en tête des plus gros consommateurs, suivie de Malte (55 %), de l'Espagne (53 %) et de la Roumanie (51 %). En bas de l'échelle, on retrouve la Suède et la Slovénie, avec respectivement 22 % et 27 %. La Belgique se place quant à elle dans la moyenne (36 %). Aucun cataclysme du côté du mode d'approvisionnement : une écrasante majorité d'Européens (95 %) ont acheté leurs antibiotiques sur prescription médicale. Seuls 3 % affirment les avoir pris sans prescription et 2 % en avoir retrouvé chez eux d'un traitement précédent. Plus étonnant, le cas de la Roumanie, où 16 % des habitants interrogés avouent avoir reçu leurs antibiotiques dans une pharmacie sans la moindre prescription médicale.
Des connaissances lacunaires
Les Européens sont loin de connaitre les antibiotiques sur le bout des doigts. Une personne interrogée sur cinq a ainsi déclaré avoir pris des antibiotiques pour soigner une grippe... Viennent ensuite la bronchite (17 %), le mal de gorge (15 %), le rhume (14 %) et la toux (9 %). Les antibiotiques agissent-ils contre les virus ? Les campagnes de sensibilisation ont beau le marteler sans cesse, le franc ne semble décidément pas tomber dans la tête de nombreux patients, puisqu'ils ne sont qu'un tiers (36 %) à répondre par la négative. Feront-ils mieux à la seconde question ? Oui, un peu, sans pour autant réussir à obtenir la moyenne. Une petite moitié des sondés (46 %) déclarent à juste titre que les antibiotiques sont inefficaces contre le rhume et la grippe. Mention spéciale obtenue par notre pays : avec ses 69 % de bonnes réponses, la Belgique décroche la seconde place, juste derrière la Finlande (72 %) et devant les autres habitués des premiers rangs, à savoir la Suède (68 %), les Pays-Bas (66 %), le Danemark (66 %) et la Grande-Bretagne (65 %).
Impact des campagnes d'information
Revues et (parfois) corrigées d'année en année, les campagnes d'information tentent pourtant de faire la peau aux idées reçues en répétant inlassablement les mêmes messages. Sont-elles diffusées et perçues de manière identique sur tout le continent ? Pas vraiment. Moins de quatre Européens sur dix (37 %) - mais 51 % de Belges - déclarent avoir effectivement reçu des informations recommandant de ne pas prendre des antibiotiques quand cela n'est pas nécessaire. Près d'un tiers des personnes ayant reçu de l'information répondent qu'elle leur a été fournie par un médecin. Viennent ensuite la télévision (29 %) et la presse (15 %). S'écartant sensiblement de la moyenne avec ses 51 %, la Belgique apparait plus sensible aux messages du petit écran. Dernier constat : en cas de besoin d'informations fiables sur les antibiotiques, une très large majorité d'Européens (88 %) consulteraient en premier lieu un médecin, suivi du pharmacien (42 %), de l'hôpital (18 %) et du personnel infirmier (10 %). Au vu des résultats de ce baromètre européen, les campagnes d'information auraient donc tout intérêt à rester nationales pour coller au plus près aux réalités - et lacunes - de chaque Etat membre.