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Le comprimé s'avale à fortes doses

Les chiffres peuvent parfois révéler des choses pour le moins intéressantes. Comme par exemple ceux de l'Infospot de l'Inami sur l'évolution des prescriptions de médicaments en médecine ambulatoire entre 1997 et 2008. Si certaines données sont assez prévisibles, d'autres se révèlent quelque peu surprenantes.

10 mai 2010

Nous avalons toujours plus de médicaments. Sur les dix dernières années, la consommation de médicaments n'a fait que se hisser toujours plus haut sur sa courbe ascendante. En 1997, on remboursait déjà quelque 2.410 millions de DDD (nombre de doses journalières). En 2008, ce chiffre est passé à...4.199 millions de DDD, soit un accroissement annuel moyen de 4,7 % ! Les raisons de cette croissance démesurée ? Deux facteurs en jeu : on traite plus souvent en 2008 qu'on ne le faisait en 1997, et les doses sont aussi devenues plus fortes. Le nombre de comprimés (ou équivalents) a par contre augmenté moins vite que les DDD et affiche une croissance moyenne de 2,5 %.

Le comprimé gonfle son dosage

On en arrive alors à la première surprise révélée par cet Infospot de l'Inami - mais peut-être l'aviez-vous d'ailleurs déjà remarqué à l'officine : la croissance des dosages moyens par comprimé. En douze ans, le dosage moyen par comprimé (pour les médicaments oraux solides) a ainsi été revu et augmenté de près d'un cinquième (21 %). Sur un total de 537 molécules (prescrites à la fois en 1997 et en 2008), quelque 34 % ont vu leur dosage moyen par comprimé augmenter. Seules 19 % des molécules ont un dosage moyen qui diminue. Un peu moins de la moitié (47 %) a conservé le même dosage.

L'oral tient la forme

Nous avalons donc sans cesse plus de médicaments. Au sens propre comme au sens figuré. Les médicaments sous forme orale ont en effet de plus en plus la cote. Si les comprimés (sous toutes leurs formes) ont toujours décroché la première place, ils grignotent sans cesse des pour cents pour asseoir leur position de leader. En 1997, l'administration orale représentait 80,5 % des DDD. En 2008, elle parvenait à faire mieux avec 85,3 %. Une suprématie qui s'explique bien sûr par le fait que la plupart des médicaments ont été prescrits ces dernières années sous forme de comprimés. Il suffit de penser à tous les médicaments de la classe du système cardio-vasculaire, qui représentent déjà quelque 42 % des médicaments prescrits en DDD. Les deux autres classes qui progressent le plus sont celles du tractus gastro-intestinal et métabolisme et du système nerveux. Et la conversion de ces pourcentages en DDD donne quelque peu le tournis : 849.572.575 de DDD en 1997 pour le système cardio-vasculaire contre 1.779.802.105 en 2008...

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