" Il ne faut pas avoir peur de voir les choses en grand... "
Il y a un peu plus d'un an, nous faisions la connaissance de Luc Verelst. Dans l'espoir de voir sa sour guérir de son cancer utérin, ce Belge venait alors d'investir une partie de sa fortune dans une Chaire de recherche contre le cancer. Si sa sour Diane a depuis vaincu son cancer, Luc Verelst a conservé intacte son énergie combattive, la mettant désormais au service d'un projet d'envergure mondiale.
Luc Verelst fait partie de ces personnes qui ne s'oublient pas. Une énergie incroyable, un enthousiasme imperturbable et une foi inébranlable. Pour parler de son nouveau projet, l'homme préfère laisser la parole à Lydie Meheus, Directrice générale du Reliable Cancer Therapies (RCT). Si le siège principale de l'organisation à but non lucratif se trouve en Suisse, l'antenne belge a pris ses quartiers au Château de Bever à Strombeek-Bever, sur le site d'U-Place, une société lifestyle dans le domaine de l'immobilier international dont Luc Verelst possède encore 25 pour cent des parts.
Projet tentaculaire
Lydie Meheus est loin d'être une novice. Doctorat en biochimie des protéines en poche, elle travaille pendant plus de vingt ans au sein de la société pharmaceutique Innogenetics, où elle occupe jusqu'en 2008 le poste de directrice de la R&D thérapeutique. En 2009, elle prend les rênes de cette dantesque aventure, contaminée par la foi inébranlable que place Luc Verelst dans ce projet. L'année dernière, il nous avait confié avoir eu beaucoup de mal à trouver une information sur la maladie de sa s£ur et sur les traitements possibles. Comment pouvait-il en effet, en véritable profane, distinguer le vrai du faux, les preuves scientifiques du charlatanisme ? En désespoir de cause, on est prêt à croire tout ce qu'on entend. Et parfois, même les médecins ne parviennent plus à faire le tri dans la masse d'informations. Ils ne sont pas non plus toujours au courant des dernières avancées thérapeutiques utilisées ailleurs dans le monde et de leurs résultats.
Une information éprouvée
" Partant de ce constat, l'idée de créer une association sans but lucratif a très rapidement germé : une association qui fournisse à la fois de l'information scientifique éprouvée sur les traitements anticancéreux, mais qui contribue également à financer des traitements ou des études prometteurs ", explique Lydie Meheus. " Via un site web, RTC entend donc donner gratuitement aux patients et aux médecins de l'information objective sur les traitements contre le cancer dont l'efficacité a été reconnue sur base d'une méthodologie scientifique. L'information sur les thérapies conventionnelles est encore trop éparpillée et complexe pour le citoyen lambda. Nous voulons diffuser de l'information objective sur le résultat des différents traitements, en dehors du seul cadre des études cliniques. Car l'information sur les traitements non conventionnels émanant de sources publiques et non institutionnelles est non seulement souvent foisonnante, mais n'est surtout absolument pas contrôlée dans de nombreux cas. "
Un site répertoire
Le site web se veut une banque centrale de données reprenant tous les traitements existants. Le site est accessible à tous, mais comporte également un portail destiné plus spécifiquement aux médecins avec davantage d'informations spécialisées et détaillées. Avec quatre piliers principaux : le traitement, sa sécurité, ses preuves d'efficacité et son historique.
Regarder les résultats
L'association ne voit pas les choses en petit et entend également établir le lien entre traitements et outcome, un point assez sensible du côté des médecins. " Il ne faut pas avoir peur de voir les choses en grand. Ce lien entre traitement et outcome permet d'évaluer clairement l'efficacité d'un traitement ", estime Lydie Meheus. " Et si cela s'avère déjà difficile pour les traitements conventionnels, c'est encore plus ardu pour les traitements non conventionnels. Nous rangeons d'ailleurs aussi dans cette catégorie 'non-conventionnelle' les traitements encore en cours de recherche. Pour être clair : nous ne voulons pas nous baser uniquement sur des témoignages. Ils peuvent certes être très importants, mais nous devons ensuite chercher plus loin dans les données scientifiques, en utilisant une série de sources reconnues comme le NCI (National Cancer Institute), l'ACS (American Cancer Association), le CAM-CANCER et le Cochrane.
Coup de pouce
Bel exemple avec le DCA, l'acide dichloroacétique, qui semblerait guérir de manière spectaculaire certains cancers. Un article paru dans un quotidien a ainsi poussé des dizaines de Belges acharnés à partir à la recherche de ce produit, avant d'ensuite arpenter les officines à la recherche d'un pharmacien acceptant d'encapsuler le fameux DCA. Et ainsi de suite. " Quand nous entendons ce genre d'histoire, nous contactons en premier lieu le médecin traitant et examinons tous les dossiers médicaux. Nous partons ensuite à la recherche d'informations supplémentaires en passant en revue les publications. Quand nous voyons que des études fiables ont été publiées - comme par exemple dans le cas du DCA -, nous décidons alors de financer des études cliniques à petite échelle. Si les résultats s'avèrent positifs, RCT veille alors à ce que le produit final soit accessible au patient. "
Financement de projets
Ce financement ne concerne pas seulement les produits 'incertains'. " Nous remarquons que certaines entreprises n'investissent pas dans des études cliniques parce que le produit n'est pas (ou plus) sous brevet et donc ne va pas rapporter beaucoup d'argent. Mais nous constatons également que d'importantes institutions, comme le Lee Moffitt Cancer Center en Floride, manquent vraiment de moyens pour entamer des études cliniques sur de tels produits. Dans cet hôpital, nous sponsorisons ainsi pour le moment un projet sur l'efficacité du bicarbonate de sodium dans le traitement contre le cancer. "