Verdict publié
Suite à une erreur de dosage commise par quatre pharmaciens hollandais, un patient a dû être hospitalisé d'urgence aux soins intensifs. Peine disciplinaire infligée aux quatre fautifs : un... simple avertissement. Mais l'un d'entre eux verra également son verdict publié de manière anonyme dans le Journal officiel.
L'affaire fait évidemment aussitôt penser à celle de cette pharmacienne limbourgeoise récemment reconnue responsable de n'avoir pas remarqué l'erreur de prescription du médecin traitant et d'avoir délivré au patient un mauvais dosage. Même cas de figure chez nos voisins du Nord. Un interniste avait prescrit du melphalan à un patient, en lui remettant des renouvellements de prescription pour cinq phases de traitement. Ce médecin avait toutefois omis de préciser le nombre de semaines d'arrêt qu'il fallait respecter entre ces différentes phases. Conséquence : le patient a enchainé les cinq phases de son traitement antitumoral et... s'est retrouvé aux soins intensifs. L'interniste et les quatre pharmaciens impliqués - hospitaliers et d'officine - ont donc été appelés à comparaitre devant le Collège de discipline. Ce dernier a jugé que les pharmaciens auraient dû savoir, même sans précision explicite du médecin sur les semaines d'arrêt, que le traitement médicamenteux ne pouvait en aucun cas être pris en continu. Le Collège de discipline a surtout retenu qu'aucune mesure organisationnelle n'avait été prise pour éviter que de telles catastrophes ne se produisent avec des substances à haut risque. Un pharmacien d'officine a cependant été sanctionné plus sévèrement que ses confrères. Raison invoquée : lors du contrôle de la prescription, il aurait en effet dû voir que le patient lui avait donné quatre fois un renouvellement de prescription sans observer de semaines d'arrêt.