Que se cache-t-il derrière le pied diabétique ?
Un diabète mal contrôlé, associé à une hyperglycémie chronique, a de lourdes conséquences sur beaucoup de mécanismes physiopathologiques, parmi lesquels le fameux pied diabétique. Quand on sait que 15 % des patients diabétiques sont sujets à des plaies et ulcérations, parfois chroniques, du pied et qu'un patient diabétique a quinze fois plus de chances d'être amputé qu'un patient non-diabétique, on se rend compte de l'importance de la prévention et des soins adéquats chez ces patients.
L'hyperglycémie prolongée, après environ 20 ans de diabète, est à l'origine des cinq facteurs contribuant à l'apparition du pied diabétique.
1. (Poly-)Neuropathie diabétique
Cette atteinte nerveuse est multiple :
2. Microangiopathie
Par la combinaison d'un épaississement de la membrane basale des capillaires et d'une augmentation du débit sanguin cutané, une hypoxie tissulaire s'installe avec un retard de la cicatrisation. C'est également cette microangiopathie qui est à l'origine des problèmes de glomérulopathie (atteinte rénale) et de rétinopathie (atteinte oculaire).
3. Macroangiopathie diabétique
Une athérosclérose atteint principalement les artères de la jambe mais pas celles du pied. 15 à 25 % des ulcères de jambes sont d'origine diabétique. La pression artérielle est élevée en position debout et le risque d'ischémie est élevé, principalement chez les diabétiques de type 2. La réduction de l'apport d'oxygène à la zone blessée compromet la cicatrisation. Un ulcère peut ainsi rester ouvert et le risque d'amputation augmente.
4. Infection
Les microtraumatismes, fissures, crevasses, et ulcères du pied sont des portes d'entrée pour des infections qui, non détectées par manque du signal de la douleur et cicatrisant mal, peuvent évo-luer vers la cellulite (inflammation des tissus conjonctifs sous-cutanés) et la suppuration profonde.
5. Altération du tissu conjonctif
La peau est moins souple, moins élastique à cause d'une glycosylation non-enzymatique du collagène. Celle-ci qui touche également les capsules articulaires, avec une mobilité réduite et un moindre amortissement des chocs d'appui du pied. Cela renforce les modifications de la statique du pied : orteils en griffes, pied creux, effondrement de la voûte transversale. Des callosités et autres hyperkératoses se forment à des endroits inhabituels.
Aspect de l'ulcère et complications
L'ulcère de pied diabétique apparaît au niveau plantaire ou latéral, aux zones d'appui ou de friction du pied déformé. Il est entouré d'une plaque hyperkératotique. Le pied est chaud et les veines cutanées ressortent. En cas d'ischémie, la nécrose tissulaire s'infecte facilement et peut mener à une gangrène humide.
Pied à risque
La première ligne de prévention est bien sûr le contrôle de l'hyperglycémie pour éviter que s'installent insidieusement les complications de l'hyperglycémie à long terme (10 à 20 ans).
Traitement
L'hospitalisation la plus précoce possible est indispensable dès l'apparition d'ulcère ou de nécrose. Le médecin spécialiste appliquera une ou plusieurs des approches suivantes selon le type d'atteinte.
Qualité de vie
Les mesures de prévention (en particulier les semelles orthopédiques) et les consultations en clinique de pied diabétique sont prises en grande partie en charge par la mutuelle. Il ne faut donc pas hésiter à y référer le patient diabétique de manière précoce. N'oublions pas que le taux de récidive après un premier épisode de pied diabétique est de 10 à 20 % par an. Ces mesures sont donc essentielles pour leur qualité de vie et pour éviter des complications pouvant être très graves. Pensons aussi au récent trajet de soin diabète.