Une surconsommation participative hautement réjouissante
Pour leur édition 2010, les " Rencontres Prescrire " avaient choisi de déposer débats et ateliers pratiques en terres belges, sur le site de l'Université catholique de Louvain. Une destination qui semble largement avoir conquis ses quelque 300 participants médecins et pharmaciens venus des quatre coins de la francophonie.
Français et Belges bien sûr, mais aussi une poignée de Canadiens, Tunisiens, Marocains, Italiens - sans oublier la présence d'un vaillant médecin anglais. Organisées par l'asbl Association Mieux Prescrire (AMP) - éditeur de la revue mensuelle Prescrire -, ces " Rencontres 2010 " ont battu haut la main leur record de participants, conviés à un appétissant programme placé sous le signe de l'épineuse question de l'accessibilité des soins de santé de qualité.
Obstacles à lever
Tant dans les séances plénières que dans les ateliers pratiques, les intervenants ont tenu à souligner les différents et nombreux obstacles entravant l'accès à des soins pour tous. Sociaux, culturels, et surtout économiques. " En France, 14 % de la population déclarent avoir renoncé à des soins au cours des douze derniers mois ", témoigne Mady Denantes, médecin généraliste à Paris. " Beaucoup de ménages se situent juste au -dessus du seuil défini donnant droit à la Couverture Maladie Universelle. Sans parler des conséquences de l'actuelle crise économique : la perte d'emploi entraine dans sa course la perte de l'assurance complémentaire. Ajoutons encore les dépassements d'honoraires de la part des médecins et le manque de communication entre les différents prestataires de soins. Face à de telles inégalités sociales, il reste difficile de savoir comment agir efficacement à son niveau, avec ses propres moyens. "
Un patient mieux informé
Autres priorités largement commentées par les participants : redynamiser les soins de proximité et améliorer le partage d'information entre les différents niveaux. Sans surprise, le dossier médical électronique partagé continue à diviser et à marcher sur les £ufs particulièrement fragiles du respect de la vie privée. Une nécessité fait néanmoins l'unanimité : le patient doit avoir accès à une information de qualité. Le système anglais du NHS Direct prouve d'ailleurs qu'un patient mieux informé est un patient plus autonome. Via ce service d'aide téléphonique, des infirmiers spécialement formés à cet effet répondent aux questions des citoyens d'outre-Manche 24h/24. Rassurés, ces patients prendraient ainsi moins vite d'assaut les services d'urgence et les cabinets médicaux.
Culture d'évaluation
Tenter de changer l'état d'esprit du patient, mais aussi celle des professionnels. " Pour améliorer la performance de nos systèmes de soins de santé, nous devons développer une culture d'évaluation ", insiste Philippe Swennen. " Le système de rémunération des prestataires devrait ainsi évoluer d'un paiement basé sur la quantité vers un système récompensant la qualité et les résultats. En Israël, un tableau de bord d'indicateurs de qualité pour les maladies cardiaques permet ainsi au médecin d'évaluer son profil et de voir où il se situe par rapport à ces indicateurs. " Une notion d'évaluation qui n'est pas sans susciter un certain remous au sein de l'assemblée...