Bilan d'une (mini-)législature
Laurette Onkelinx aura tenu les rênes de la Santé publique et des Affaires sociales pendant deux ans environ. Un mini-mandat où la ministre socialiste n'est certes pas restée les bras croisés ! Quant à savoir dans quelle mesure ses décisions - et la manière de les prendre - ont été appréciées...
Le Pharmacien a parcouru avec attention le bulletin de la législature d'Onkelinx. Pour affiner encore l'appréciation, nos confrères du Généraliste et du Huisarts ont interrogé une vingtaine d'acteurs du monde de la santé publique, dont nous publions des extraits choisis. D'après l'analyse faite par nos deux revues médicales, le nord du pays semble avoir attribué des notes bien moins généreuses que les francophones. Même si, des deux côtés du pays, on se dit prêt à laisser Onkelinx reprendre du service, sous certaines conditions.
Christian Elsen, président de l'APB
1. Nous ne nous exprimerons que pour ce qui a trait à notre secteur. Il est évident que la publication de l'AR du 21 janvier 2009, qui définit notre exercice professionnel, est un événement majeur, non seulement parce qu'il centre la pratique professionnelle autour des soins pharmaceutiques mais également parce qu'il l'accompagne d'un cadre qualitatif via un " Guide de bonnes pratiques pharmaceutiques officinales ". La mise en place du nouveau système de rémunération pour les médicaments remboursés, en vigueur depuis le 1er avril 2010, qui concrétise une approche économique adaptée au nouvel exercice professionnel, est également une modification majeure pour nous.
Marc-Henry Cornély, secrétaire de l'Ophaco
1. La continuité parfaite avec la politique menée depuis 2003 par son prédécesseur Rudy Demotte (PS) dans le domaine des officines ouvertes au public. La promotion des principes de base et des directives des bonnes pratiques dans les secteurs pharmaceutique et des médicaments.
Joris Van Assche, administrateur délégué FeBelGen
1. Indéniablement le plan cancer. Et, en ce qui concerne les médicaments génériques, une reconnaissance accrue de notre secteur en tant que partenaire à part entière et la volonté de dégager des solutions équilibrées.
Jean-Pascal Labille, secrétaire général de l'Union nationale des mutualités socialistes
1. Le maintien de la Sécurité sociale sur les rails malgré un contexte politique et économique très difficile. Elle a obtenu des moyens financiers pour les soins de santé - avec le maintien de la norme de croissance de 4,5 % et de l'équilibre budgétaire de la sécu - tout en garantissant une gestion responsable des ressources. Des économies ont également été réalisées sans affecter l'accessibilité et la qualité des soins.
Pascal Mertens, directeur général des Mutualités libres
1. Les plans cancer et maladies chroniques, pour l'approche transversale malgré le manque de mesures de qualité.
Dr Luc Lefebvre, président de la Société scientifique de médecine générale (SSMG)
1. Un plan cancer ambitieux avec un important volet prévention (le vaccin HPV, le remboursement de la consultation de sevrage tabagique)
Michel Devriese, président de la Société de médecine dentaire
1. Faut-il rappeler l'échec de la formation d'un gouvernement après juin 2007 et le parcours cahin-caha pour dégager une majorité stable ? Nous, acteurs de la Sécu, avons découvert à cette époque ce qu'était le vide abyssal d'une absence de pouvoir politique. La ministre Onkelinx a bien du mérite d'avoir pu aussi vite reprendre en main le secteur de la santé. Elle a - sans esbroufe - renoué rapidement le dialogue avec les acteurs, avec un attachement marqué pour la concertation.
Vincent Rocour, journaliste 'santé' au quotidien La Libre Belgique
1. L'adoption, sur le fil, d'un dispositif d'indemnisation des dommages médicaux qui semble - enfin - tenir la route.