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Offensive antipoisons

Chaque année, le Centre Antipoisons répond à plus de cinquante mille appels d'urgence, soit quelque 150 appels par jour. Eau de javel, pesticides, piqûres d'insectes et autres galets de chlore empoisonnent ainsi toujours autant notre existence, et surtout celle des plus petits. Comment déjouer leurs tours toxiques et organiser une contre-attaque efficace ? Plan de bataille établi par Herlinde Smet, pharmacienne au sein de l'équipe scientifique du centre belge.

7 juin 2010

Depuis sa fondation en 1963, le Centre Antipoisons retentit toujours d'autant de sonneries stridentes qu'à ses débuts. Malgré les campagnes de sensibilisation et le lancement d'un site web, les appels affichent une étonnante régularité. " Nous n'observons que très peu de changements dans nos statistiques ", explique Herlinde Smet, pharmacienne au Centre Antipoisons depuis 25 ans. " Trois appels sur quatre proviennent de particuliers, contre un quart des professionnels de la santé et des services de secours. Plus de la moitié des victimes sont des enfants de 1 à 4 ans, l'âge où l'exploration de l'environnement passe souvent par l'envie d'en explorer le goût en bouche ! "

Produits ménagers

Qui dit retour des beaux jours, dit forcément grand nettoyage du printemps et petit plongeon rafraichissant. Si les produits d'entretien sont généralement peu dangereux, le chlore provoque chaque été de nombreux accidents.

Produits pesticides

Les herbicides contiennent principalement des chlorates. En cas d'intoxication, une methémoglobinémie importante peut se développer, avec pour principaux symptômes cyanose (coloration bleutée de la peau), difficulté respiratoire, perte de conscience et convulsions. Le traitement est purement symptomatique et contrairement aux idées reçues, le bleu de méthylène n'est pas du tout actif dans ce type d'intoxication, puisque les chlorates inhibent les enzymes qui réduisent la méthémoglobine.

Piqûres d'insectes

Des animaux intoxiqués ou... eux-mêmes toxiques. " Nous recevons chaque année environ 700 appels concernant des piqûres de guêpes, d'abeilles, de frelons et de bourdons ", poursuit la pharmacienne. " Dans environ 70 % des appels, il y a des symptômes au moment de l'appel : piqûre, rougeur, douleur et gonflement. Dans moins de 10 % des appels, on nous rapporte un état de malaise accompagné de difficulté respiratoire et/ou une éruption, qui sont les premiers signes d'une réaction allergique grave. La réaction locale est la plus fréquente et nécessite rarement une intervention médicale. "

Précautions estivales

Envie de profiter des beaux jours pour repeindre ses boiseries extérieures ? Attention au carbolineum, un liquide huileux inflammable, contenant principalement des dérivés du naphtalène, des dérivés phénoliques et des hydrocarbures aromatiques polycycliques. Car en cas de contact avec le carbolineum, la peau devient plus sensible au soleil et des brûlures peuvent même apparaître suite à toute exposition au soleil. Enfin, si les plantes font le bonheur des férus du râteau, elles peuvent aussi provoquer des brûlures en cas d'exposition au soleil. Parmi elles : la Berce géante ou Berce du Caucase de la famille des ombellifères, très utilisée dans la décoration des grands jardins et aussi présente à l'état sauvage le long de nos routes.

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