" J'ai dit 'non' aux pharmaciens "
Une bien trop courte législature pour cause d'élections anticipées qui n'est pas sans la laisser sur sa faim. A la veille du passage aux urnes, la ministre sortante de la Santé publique Laurette Onkelinx conserve intact tout son appétit. Et décroche sur le fil une mention 'satisfaction'.
En dressant son bulletin de sortie, les stakeholders du secteur de la santé se sont montrés sévères, voire très sévères : les francophones lui ont attribué une moyenne de 6,7/10 contre seulement 5,4/10 du côté néerlandophone - des extraits de ces cotations sont publiées dans cette édition. Des notes qui ne découragent pourtant pas la ministre Onkelinx. " J'ai apprécié avoir reçu de belles notes de ceux qui ont un certain recul, comme les sociétés scientifiques et les universités, et que l'on ait salué la compétence de mon équipe, petite mais dynamique, avec notamment un Marco Schetgen plus d'une fois cité. C'est aussi un réel motif de fierté que vos inter-locuteurs aient relevé ma disponibilité et mon écoute. "
Une écoute obstinée
Certains estiment cependant que malgré son sens de l'écoute, Onkelinx a toujours maintenu ses orientations initiales. " Ecouter ne signifie pas dire amen à tout. Et si vous prenez la vaccination A/H1N1, j'ai quand même changé de cap, radicalement et très vite, après rencontre avec les médecins. " Chose étonnante dans ce bulletin de sortie : dans les points forts ou faibles de la ministre sortante, très peu d'acteurs interrogés n'ont cité spontanément sa politique des médicaments, alors que la promotion des prescriptions bon marché et la pression faite sur les médecins pour atteindre ce but n'ont pas toujours été vus d'un très bon d'£il sur le terrain.
Droit de substitution
Dans une interview exclusive, Laurette Onkelinx affirme pour la première fois ouvertement sa formelle opposition au droit de substitution accordé aux pharmaciens. Un non ferme et catégorique. Selon l'ex-ministre, cette question du droit de substitution est sans cesse remise sur le tapis par les pharmaciens, mais n'a toujours reçu de sa part qu'un seul et même refus franc et net. " La substitution n'est pas dans la culture belge, pas plus que l'échelonnement ".