Cachez ce teint que je ne saurais voir !
La pigmentation mélanique est l'un des éléments majeurs déterminant la couleur de la peau et sa sensibilité à l'exposition au soleil. Elle révèle les différences ethniques, mais prédit aussi le risque de développer des cancers cutanés.
La mélanine de l'épiderme est continuellement renouvelée, permettant de garder un teint uniforme. Elle est synthétisée au sein des mélanocytes, cellules dendritiques se trouvant dans la couche basale de l'épiderme et projetant leurs dendrites dans les couches plus superficielles de l'épiderme. La tyrosinase est l'enzyme qui initie la synthèse de la mélanine à partir de la tyrosine, au sein d'organites appelés mélanosomes. Au cours de l'ascension des kératinocytes vers la surface de l'épiderme, la mélanine et les mélanosomes sont dégradés en tout ou en partie et éliminés. Un nombre variable de mélanosomes peut se retrouver dans la couche cornée, selon le phototype de l'individu. Les cornéocytes d'une peau noire contiennent ainsi le plus grand nombre de mélanosomes.
Phototypes et protection mélanique
On distingue la pigmentation mélanique constitutive de la pigmentation mélanique facultative. La première dépend essentiellement des facteurs génétiques et détermine le phototype, tandis que la seconde est induite principalement par les UV pour donner le bronzage. D'autres facteurs peuvent aussi influencer la pigmentation de la peau, notamment certaines hormones.
Evolution au cours du vieillissement
Au cours de sa vie, on subit de nombreux changements au niveau de sa couleur de peau. Sur les surfaces non exposées au soleil, on observe une diminution d'environ 8 à 10 % du nombre de mélanocytes tous les 10 ans. De plus, les zones photoexposées peuvent développer une hétérogénéité de la pigmentation, probablement par épuisement du capital soleil. On observe d'une part des zones blanches ou rosées où la mélanogenèse ne s'effectue plus correctement, et d'autre part des zones brunâtres où la pigmentation est exacerbée. Ces 'taches de vieillesse' sont un signe de dérégulation du système pigmentaire et les zones touchées sont encore plus à risque de développer des cancers cutanés.
Désordres pigmentaires
Les troubles de la pigmentation mélanique peuvent être de différentes origines : génétiques, métaboliques, endocriniennes, toxi-médicamenteuses, post-inflammatoires, infectieuses, tumorales ou induites par des agents physiques (UV, IR, traumatismes répétés). A côté des hypopigmentations (albinisme, vitiligo), on distingue deux types d'hyperpigmentations : celles liées à un excès de pigment au niveau épidermique (grains de beauté, lentigines, taches de rousseur, éphélides, hyperpigmentation post-inflammatoire, mélasma...), sur lesquelles on peut agir par traitement dépigmentant, laser ou peeling ; et celles caractérisées par une présence anormale de pigments dans le derme, très difficilement atteignable sauf par les lasers pigmentaires.
Agents dépigmentants
Cosméceutiques ou véritables traitements dermatologiques, ces agents dépigmentants peuvent éliminer l'excès de mélanine de l'épiderme, soit par destruction des mélanocytes (action cytotoxique), soit par inhibition d'une ou plusieurs étapes de la synthèse et de la distribution de la mélanine, soit encore en influençant les mécanismes régulateurs de la mélanogenèse.
Références