Daiichi Sankyo : la détermination respectueuse
Le groupe Daiichi Sankyo l'admet : il est un acteur discret du sérail pharmaceutique. Un méconnu du top 20 mondial qui, pourtant, ne se croise pas les bras, féru de travail de précision, reconnu pour son pipeline cardiovasculaire, misant en Europe sur des points de chute supranationaux, s'adjoignant une branche générique en Inde... Qui est ce " Japonais très belge " implanté à Louvain-La-Neuve et qui, quand d'autres dégraissent, est passé en trois ans de 43 à 77 personnes ? Curd Lejaegere, le CEO, lève un coin de voile sur une firme dont le chiffre d'affaires a bondi de 11 à 18 millions d'euros en quatre ans.
Curd Lejaegere, aux manettes de Daiichi Sankyo Benelux, bourlingue depuis 22 ans dans l'industrie pharma, avec de longues escales dans des majors américaine et allemande. De quoi comparer, en initié, les styles de management imprimés par les maisons-mères et appréhender tout ce qui sépare les cultures d'entreprise. Le Japon, affirme ce Courtraisien de 46 ans, qui a enchaîné licence en kiné, licence en sciences médico-sociales et hospitalières et master of business administration, cultive l'écoute et le respect. Respect de la parole donnée, des plans bien huilés, des valeurs locales des filiales, de l'environnement... Par exemple, à son arrivée, en 2006, dans le groupe, Sankyo - 3e sur le marché nippon - reprenait Daiichi - le numéro 5 - mais sans rayer ce patronyme de la carte. Au contraire, en le plaçant en tête de la nouvelle dénomination Daiichi Sankyo " Des noms empreints de symbolisme, comme toute chose au Japon. San signifie trois et kyo l'idée de travailler ensemble, la combinaison Sankyo faisant référence au trio patient-médecin-industrie du médicament. "
Un cycle de vie sous contrôle
" Daiichi Sankyo a la passion des médicaments, et y apporte toute la précision, toute la technicité, qu'on prête spontanément aux produits japonais, et pas qu'en électronique ", sourit un Curd Lejaegere décontracté, sans veste ni cravate, comme le style informel maison l'autorise. À l'étroit sur son marché domestique, le groupe a cherché aux USA et en Europe de nouveaux relais de croissance. Sur le Vieux Continent, dans un environnement pharmaceutique redessiné à coups de grandes fusions, il a plutôt opté pour l'installation de " régions " : des états proches sont gérés comme un grand pays. Ils conservent la vente et le marketing, mais voient les dimensions R&D, finances, personnel... unifiées. Ainsi la Belgique est-elle devenue le centre névralgique du " bloc " Benelux. Allemagne, Suisse et Autriche forment un tout ; idem pour l'Espagne et le Portugal.