Les médecins rechignent à avaler la pilule
Les infirmiers français sont désormais autorisés à renouveler la prescription de contraceptifs oraux. Quant aux pharmaciens, ils peuvent dès à présent délivrer une pilule sur base d'une ordonnance dont la durée de validité est expirée. Inutile de préciser que la publication de cet arrêté au Journal Officiel reste quelque peu en travers de la gorge des médecins.
Inscrites dans la loi Hôpital, Patients, Santé, Territoires (HPST) votée en juin 2009, les deux mesures autour des contraceptifs viennent enfin d'être publiées dans le Journal Officiel. Un infirmier peut donc désormais renouveler les prescriptions, datant de moins d'un an, de médicaments contraceptifs oraux (une centaine au total) pour une durée maximum de 6 mois non renouvelable. Du côté des officines, les pharmaciens sont quant à eux habilités à délivrer tout type de pilule même lorsque la durée de validité de l'ordonnance datant de moins d'un an est expirée. Seule condition : inscrire sur l'ordonnance en question la mention " délivrance par la procédure exceptionnelle d'une boîte supplémentaire ".
Colère des médecins
Si ces mesures rentrent dans le cadre d'une revalorisation de ces deux professions, il en est une autre qui ronge son frein. Les médecins généralistes n'ont en effet jamais vu d'un bon £il ces nouvelles responsabilités confiées à leurs confrères. Avant le vote de la loi, le Conseil national de l'Ordre des médecins avait déjà émis de vives réserves face à ces dispositions susceptibles de faire courir un risque aux patientes et de porter préjudice à une bonne prise en charge. Grande inquiétude pointée par les médecins : la liste des contraceptifs oraux comprend certaines pilules ayant des indications très particulières nécessitant un suivi spécifique. L'Ordre des médecins a donc appelé tous les médecins prescripteurs à ne pas hésiter, si nécessaire, à indiquer sur l'ordonnance la mention " non renouvelable ".