NDM-1, ou la chronique d'un futur annoncé
Le moustique-tigre a débarqué dans le sud de la France métropolitaine, entrainant son lot d'inquiétudes. Mais le buzz médical de ces vacances essaime plutôt en Belgique, en Grande-Bretagne et en Asie : les bactéries " NDM-1 " nous ramènent au problème toujours irrésolu des apparitions de multi-résistances bactériennes aux antibiotiques. Et ce n'est sans doute qu'un début.
La souche bactérienne caractérisée par l'enzyme NDM-1 a été isolée pour la première fois en Inde il y a 2 ans. Depuis le premier patient repéré - un Suédois venu se faire opérer dans un hôpital indien -, 200 autres cas ont été dénombrés, avec une proportion plutôt élevée de touristes médicaux. Le pays le plus touché en Europe est la Grande-Bretagne - sans surprise au vu de l'importante population immigrée originaire du Pakistan. D'autres cas ont été découverts en Afrique et en Australie, ainsi qu'aux Etats-Unis, au Canada, en France, aux Pays-Bas et, bien entendu, en Belgique.
Un réservoir à complots ?
Actuellement, les patients qui peuvent être traités le sont par un cocktail antibiotique encore relativement efficace, mais cela ne devrait pas durer, dixit la communauté scientifique. Car ailleurs, on crie déjà à l'arnaque et au complot médico-pharmaceutique... tout en soulignant que l'étude n'est pas totalement indépendante de l'industrie. Quoi qu'il en soit, il faut retenir que le Pakistan et l'Inde constituent déjà un immense réservoir de ces bactéries : surpopulation, manque d'hygiène désastreux et recours assez massif aux antibiotiques y sont évidemment très favorables à l'émergence de souches bactériennes multi-résistantes... On pourrait espérer interrompre la dissémination de ces bactéries en freinant le tourisme médical à tropisme indo-pakistanais. Mais cette activité particulière devrait croître d'environ 30 % par an dans les cinq années à venir... Et les NMD-1 ont déjà été retrouvées dans les villes de ces deux pays - à l'extérieur des hôpitaux, donc.