Les amphétamines dopent la mémoire
De nombreux étudiants liront sans doute avec une joie non contenue les résultats d'une étude menée par la VUB. Les amphétamines donneraient bel et bien un coup de pouce à la mémoire, tout comme les produits utilisés contre le TDAH. Mais pas d'interprétations hâtives : les auteurs insistent pour replacer ces résultats dans leur contexte.
Le spectre de la seconde session plane déjà sur l'esprit de nombreux étudiants. Et en pareille période, tous les moyens sont bons pour dynamiser sa bloque, y compris les fameuses amphétamines sous forme de méthylphénidate. Mais les chercheurs de la VUB le précisent d'emblée : leur étude ne porte pas sur le méthylphénidate, mais bien sur la dextroamphétamine, un produit disponible uniquement en préparation magistrale et sur prescription. La dextroamphétamine est en fait utilisée pour le traitement du TDAH et de la narcolepsie et, au vu de ses effets indésirables graves, vendue exclusivement sur prescription médicale.
Mémoire à long terme
De précédentes études avaient déjà démontré l'effet positif de ces d-amphétamines sur la mémoire verbale à long terme. Les chercheurs de la VUB sont à présent parvenus à démontrer que l'amélioration de la mémoire était en fait liée à un meilleur fonctionnement de la mémoire contextuelle. Quand nous voulons nous souvenir de quelque chose, nous essayons de la replacer dans son contexte. Par exemple, tel mot se situait à un endroit précis de la page, juste en dessous d'un titre ou surligné au fluo. Les personnes capables de reconstituer ce contexte peuvent se rappeler plus facilement d'une chose ou la reconnaitre plus aisément. Selon les auteurs de l'étude, la d-amphétamine permet d'agir à ce niveau, même à long terme et même quand le produit a cessé d'agir. Les scientifiques parlent ici d'un " mécanisme de lien renforcé ".
Aucune étude sur le méthylphénidate
" Cette étude a uniquement examiné l'effet de la dextroamphétamine, et non celui du méthylphénidate. Il n'existe à ce jour aucune étude similaire menée sur cette molécule, mais je présume que les résultats seraient du même ordre ", affirme Eric Soetens, professeur à la VUB. " L'effet peut durer un certain temps et nous devons tenir compte que cette action de la molécule est toujours suivie et compensée par un effet inverse. Après la prise d'amphétamines, les étudiants accusent le coup durant l'examen, à moins qu'ils ne continuent à en prendre. Une situation pour le moins dangereuse. Nous avons en outre remarqué que cette substance n'agit pas à tous les niveaux. Pour la mémoire à court terme, l'effet s'est révélé, comme attendu, inexistant. Les résultats sont par contre garantis au niveau de l'action de reconnaissance, notamment de l'information verbale de la mémoire à long terme. Mais, contrairement aux expériences menées sur les animaux, il n'y a pas le moindre effet sur l'intelligence spatiale. "