La grippe s'apprête à faire sa rentrée
Il y a un an déjà, la grippe mexicaine faisait une apparition pour le moins remarquée, menaçant d'égaler le record de victimes détenu jusque-là par sa cousine espagnole. Après l'heure des bilans - et des comptes -, voici que se profile déjà en ligne de mire la nouvelle saison grippale...
L'année dernière, la grippe mexicaine nous a tenus en haleine des semaines durant. Beaucoup de bruit pour pas grand-chose au final. " Mais face à ce genre de menaces, il n'est jamais possible de 'bien' faire ", estime le virologue Marc Van Ranst, Commissaire interministériel Influenza. " Si trop peu de mesures de précaution sont prises et qu'il se produit quelque chose, c'est le drame. Au contraire, si trop de mesures sont déployées et qu'il ne se passe rien, on parle alors d'exagération... " Quoi qu'il en soit, cette menace de pandémie grippale a été riche en enseignements. Elle a notamment mis en lumière la plus grande vulnérabilité des femmes enceintes et permis une prise de conscience de ce groupe à risques. " Grâce à toute l'attention accordée l'année dernière à cette grippe mexicaine, nous pouvons à présent nous attendre à deux effets contradictoires : d'un côté, du fait de cette large médiatisation, davantage de personnes se feront vacciner ; de l'autre, nous risquons au contraire de voir des personnes tellement sensibilisées l'année dernière, prendre cette année les choses plus à la légère. "
Groupes à risques
Malgré tout, toute cette saga à rebondissements aura donc eu des effets positifs au niveau des groupes à risques, se réjouit Marc Van Ranst. " Mais on court également le risque d'administrer davantage de vaccins 'de confort'. Des personnes qui se font vacciner pour éviter les quelques jours de maladie. Tant qu'il y a suffisamment de vaccins pour tout le monde, il n'y a aucun problème. Mais le nombre de vaccins étant toujours limité, ce sont les groupes à risques qui doivent bénéficier en premier lieu des vaccins disponibles. " Le vaccin administré cette année sera le même que celui d'il y a deux ans, mais contiendra également la souche H1N1. " Cette année, il s'agira en effet d'un vaccin trivalent : H3N2, H1N1 et influenza B. Les groupes-cibles demeurent identiques, avec une attention toute particulière aux femmes enceintes. Les efforts fournis l'année dernière paient leurs fruits : les femmes enceintes sont plus nombreuses à se faire vacciner. "
Vaccin intradermique
Autre mesure au menu de cette année : le recours au vaccin intradermique au moyen d'une aiguille très fine et très courte (environ 1,5 mm) qui permet de délivrer le vaccin juste entre derme et l'épiderme. " Nous savons que le derme est une zone très immunogène et de surcroît fortement vascularisée ", explique Wouter Demedts de Sanofi-Pasteur MSD Belgique. " L'administration d'un vaccin via la voie intradermique offre donc une manière efficace de vacciner les patients. Comme démontré par les études, la séroprotection s'avère également très élevée, certainement pour les personnes âgées qui présentent un système immunitaire affaibli et sont donc plus sensibles aux infections. " Wouter Demedts veut également mettre fin à une idée reçue. " L'injection en soi est moins douloureuse parce que l'aiguille est dix fois plus courte que celle utilisée pour les vaccins traditionnels. Mais les effets secondaires - rougeur et gonflement de la peau - se manifestent également avec le vaccin intradermique et sont même parfois plus importants au site d'injection. " Signalons enfin que cette nouvelle forme du vaccin antigrippal est uniquement remboursée aux personnes de plus de 60 ans. u