Le post-brevet, un réflexe pour préparer demain
Au printemps dernier, Pfizer lançait sa branche " Essentials ". Plus qu'une branche, tout un concept, qui correspond aux besoins de courte et de longue durée : d'une part contribuer à l'équilibrage des budgets de santé en gardant à disposition de la société du hors brevet à bas prix ; de l'autre, oxygéner l'innovation pharmaceutique en réinjectant dans la R&D de nouveaux médicaments les revenus dégagés.
La gamme aurait pu être baptisée " valeurs sûres ", se souvient Jörgen Schaffers, le directeur belge de la nouvelle business unit. Mais 'Essentials' l'a emporté; un qualificatif qui traduit plus intensément la volonté du géant pharmaceutique de dépasser l'identité réductrice de 'fabricant de pilules' pour se profiler comme un partenaire attentif aux attentes des autres. " Chacun trouve dans " Essentials " ce qui l'est, réellement, à ses yeux ", explicite Jörgen Schaffers. " Les autorités de tutelle, la maîtrise des coûts. Le médecin et le pharmacien, un arsenal thérapeutique non diminué et la garantie du service rendu. Le patient, une spécialité dont la réputation n'est plus à faire, mais à bas prix. La firme, un réinvestissement de moyens dans la R&D... " Et celle-ci en a bien besoin, souligne notre interlocuteur, l'ère des lancements de molécules innovantes en rafale étant révolue et les défis thérapeutiques à relever, d'une autre trempe.
Au-dessus de la mêlée
En bref, " Essentials " se focalise sur des spécialités tombées dans le domaine public. On trouve sous cette bannière une vaste gamme qui s'étoffera au fil du temps, avec - schématiquement - trois grands types de produits faisant d'office 'tilt' chez les prescripteurs. Primo, les originaux-maison, dont le brevet a expiré et le prix baissé, comme l'Amlor. Secundo, des génériques de classiques issus d'autres majors du pharma, qui permettront à Pfizer de compléter les domaines cliniques qu'il occupe déjà. Arrivée escomptée de ces premiers " transfuges " : début 2011. Tertio, les génériques des produits Pfizer, pour satisfaire chaque médecin et pharmacien désireux de proposer un générique au patient qui le demande. L'amlodipine Pfizer sera ainsi à leur disposition, mais sans être forcément au prix plancher dans son rayon. " Pfizer, fidèle à son slogan we do more than just copy, ne compte pas se battre avec des génériques soldés. Ce que nous entendons préserver, derrière le générique, c'est la qualité Pfizer - pas de concession, par exemple, dans les standards de production. Mais aussi le service aux professionnels de santé, qu'ils ont appris à apprécier chez nous, et l'information mise à leur disposition à destination des patients ", énumère Jörgen Schaffers. Le tout, toujours avec cet aspect de réinvestissement dans la recherche, pour développer les médicaments de demain...