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Des vaccins en évolution perpétuelle

Tandis que les chercheurs d'Anvers ont pour la première fois réussi à développer un vaccin thérapeutique efficace contre la leucémie aiguë, leurs confrères louvanistes planchent activement sur un vaccin contre les tumeurs cérébrales des enfants. De quoi y perdre son latin ! Les vaccins ne sont-ils en effet pas plutôt destinés à prévenir la survenue de maladies plutôt qu'à les traiter ? Détrompons-nous, car en marge de la vaccination préventive, il existe également un volet thérapeutique. Comme chaque année, la couverture vaccinale contre la grippe se prépare à protéger des milliers de personnes de la survenue d'une maladie grave, voire de la mort. Si la vaccination a déjà permis d'épargner des millions de vies, tous les gouvernements ne sont malheureusement pas prêts à dégager des fonds pour ces petites aiguilles bienfaitrices. Petite piqûre de rappel sur la vaccination préventive, ses modes d'administration et ses nombreux défis.

13 septembre 2010

Vacciner. Au final, rien d'autre qu'une simple petite piqûre. Pas de quoi donc fouetter un chat. Un avis que partageait encore récemment LE spécialiste de la vaccination de notre pays : le professeur Marc Van Ranst, commissaire interministériel Influenza. Soit juste avant que son petit Milo ne doive passer par la case vaccination et que la simple vue de l'aiguille ne réveille son angoisse paternelle. " La première injection, passe encore.... Mais la deuxième ! Elle a autant fait mal au fils qu'au père ! ", raconte en riant le jeune papa, qui compte parmi les plus fervents défenseurs de la vaccination.

Vaccins combinés

Rougeole-rubéole-oreillon d'une part ; polio, diphtérie, tétanos, coqueluche, haemophilus influenzae et hépatite B d'autre part. En deux piqûres, les enfants sont ainsi protégés contre neuf maladies graves. Trois nouveaux venus se sont également ajoutés au calendrier vaccinal : les vaccins contre le pneumocoque, le rotavirus et le HPV. " Ces 'nouveaux' vaccins montrent clairement que la liste des vaccinations potentielles n'est pas limitative ", précise le virologue. " Dès que nous parvenons à comprendre parfaitement le mécanisme et la survenue d'une maladie, nous pouvons aussitôt réfléchir au volet préventif. "

Les chats sont rois

" Rien qu'avec l'argent que les Européens dépensent chaque mois pour l'alimentation de leur chat, nous pourrions vacciner les enfants du monde entier. " Si Van Ranst se rend bien compte que beaucoup d'efforts sont réalisés pour vacciner les enfants du tiers monde, il dénonce malgré tout le manque de coopération de certains gouvernements locaux, qui mettent volontairement des bâtons dans les roues des projets de vaccination. " Un pays qui ne parvient pas à vacciner ses enfants ne devrait plus recevoir le moindre euro d'aide au développement car il ne sera jamais en état d'utiliser cet argent de manière positive. Mais personne n'ose évidemment imposer cette pression. "

Formes d'administration

L'évolution des vaccins est aussi palpable à d'autres niveaux, notamment dans ses différentes formes d'administration. Nous connaissons bien sûr tous la traditionnelle piqûre, mais il existe également d'autres voies d'administration : transdermique (patch), intradermique (aiguille très fine), orale, nasale (pulvérisateur) ou encore via l'alimentation. " Cette dernière forme en est encore au stade expérimental. Nous pourrions cultiver des bananes transgéniques, mais cela ne sera pas pour tout de suite, car trop d'obstacles demeurent encore à l'heure actuelle. Pas seulement au niveau technique, mais aussi au niveau pratique. Et soyons clairs : les parents peuvent certes redouter ces fameuses piqûres faites à leur enfant, mais cela reste encore le moyen le plus efficace et le plus contrôlable. La piqûre permet en effet de savoir précisément ce qu'on injecte. Dans le cas d'un patch, il peut ne pas avoir été placé correctement ou avoir été enlevé trop rapidement. Quant à la voie orale, elle peut provoquer des vomissements chez l'enfant. Certains vaccins - comme celui contre le rotavirus - peuvent par contre uniquement être administrés oralement parce qu'ils doivent agir au niveau de l'intestin.

Une utilité comprise

Parmi les progrès qui ravissent le professeur Van Ranst, il y a sans conteste le changement de mentalité de nombreuses personnes, qui ont bien compris l'utilité de la vaccination et sont prêts à en payer le prix. " La tendance de vaccins bon marché est derrière nous. Il a fallu énormément de temps avant que la population ne se rende compte de l'utilité de se vacciner contre quelque chose dont elle n'en subit pas (encore) les désagréments. Quoique chers, les vaccins contre le rotavirus et le HPV n'empêchent pas de nombreux parents d'y recourir pour leurs enfants. Ce qui ne fait que redoubler l'engouement de l'industrie dans sa recherche de nouveaux vaccins. "

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