Offensive de charme dans les auditoires français
Rentrée en grande pompe du côté des universités françaises de médecine. Le lancement du fameux PACES - comprenez 'la première année commune d'études de santé' - suscite convoitises et battements de cils. Médecine, pharmacie, dentisterie ou sage-femme : au terme du tronc commun, avec quelle mariée l'étudiant choisira-t-il de convoler en justes noces ?
Grande nouveauté au menu hexagonal de cette rentrée universitaire 2010-2011 : la toute fraîche et attendue PACES, la Première Année Commune des Etudes de Santé. Plus de distinction donc, au moment de faire sa grande rentrée en fac : étudiants en médecine, dentisterie, pharmacie et sage-femme partagent désormais un seul et même auditoire. Après un tronc commun au premier semestre sensé éveiller ou confirmer les passions de chacun, les étudiants pourront ensuite courtiser l'élue de leur c£ur - voire plusieurs pour les plus gourmands -, et recevront durant le second semestre des cours spécifiques destinés à les armer au mieux pour la conquête finale : le(s) concours de fin d'année. Jusqu'à présent, le classement en fin d'année ne permettait qu'aux meilleurs étudiants de pouvoir choisir leur filière. Désormais, tout un chacun aura le droit de tenter sa chance au(x) concours de son choix. Ajoutez à cela une impossibilité de redoubler en cas de résultats trop faibles et une véritable fourmilière de passerelles et d'équivalences en tous genres, et vous obtiendrez la stratégie déployée par le gouvernement pour venir à bout du " gâchis humain " d'une filière dont le taux d'échec flirte chaque année avec les sommets - 80 % en médecine contre 70 % en pharmacie.
Opération séduction
Pour faire les yeux doux à ces étudiants en première année, l'Ordre national des pharmaciens, - avec la collaboration de la Conférence des Doyens et l'Association Nationale des Etudiants en Pharmacie de France (ANEPF) -, n'a pas hésité à sortir le grand jeu. Plaquettes de présentation des différents métiers de la pharmacie, affiches, teasing internet, témoignages,... bref une campagne " Pharma, c'est pour moi ! " qui - outre un slogan ne rivalisant guère de génie publicitaire - compte bien convaincre un électorat estudiantin dubitatif. " La pharmacie a besoin de jeunesse ", s'enthousiasme Isabelle Adenot, présidente du Conseil national de l'Ordre. " Trop souvent, on ne relate que les difficultés de la profession. Je préfère parler de l'immense majorité de pharmaciens qui créent et qui sont ambitieux. Ces études en pharmacie forment à de multiples métiers. Il faut élargir la vision pour donner le goût d'être pharmacien. " Bref attiser l'appétit du futur étudiant en pharmacie, plutôt que son dépit de n'être parvenu à conquérir la Reine médecine... Les outils de la campagne sont consultables sur le site de l'Ordre : www.ordre.pharmacien.fr