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Ouvrons les armoires à pharmacie !

Lors des visites à domicile, il n'est pas rare que le patient demande " s'il n'a pas déjà ce qu'il faut dans l'armoire à pharmacie, Docteur ? ". Mais que doit receler au juste cette fameuse armoire à médicaments ? Nous avons posé la question à des médecins généralistes et à des pharmaciens et récolté des réponses quelque peu divergentes.

11 octobre 2010

Ce n'est pas toujours avec un sourire satisfait que le médecin ou le pharmacien ouvre l'armoire à trésors, qui se révèle parfois n'être qu'un réceptacle à calamités poussiéreuses, voire gluantes. Après la première chasse aux périmés et autres liquides ou préparations topiques rapidement périssables après ouverture, pourquoi ne pas tenter de mettre de l'ordre en commençant par le commencement : que garder, exactement ? Et même, que conseiller ?

Autant d'avis que de médecins ?

On ne peut pas dire que les directives soient légion dans ce domaine. Et pourtant, avant même de consulter leur médecin, les patients ouvriront cette armoire. Quand on fait un sondage rudimentaire parmi un petit groupe de médecins et de pharmaciens exerçant un peu partout dans le pays, on est d'emblée surpris par le manque d'unanimité sur la question. Ainsi, on pourrait imaginer que les médecins ne formeraient qu'un bloc pour rejeter tout fond de boite d'antibiotique que le patient serait tenté de prendre en automédication. Mais ce serait sans compter sur les médecins qui estiment qu'un traitement rapide, même avant la consultation du médecin, peut s'avérer utile pour certains patients BPCO, par exemple. La réponse du pharmacien est plus tranchée : pas d'antibiotique, à moins que celui-ci ne s'inscrive dans un traitement en cours, prescrit par un médecin.

Paracétamol mon amour

Le symptôme le plus couramment ressenti par une personne qui devient malade, c'est bien évidemment la douleur. Et le paracétamol est bien la seule molécule qui recueille une quasi-unanimité chez les généralistes et les pharmaciens pour trouver une place dans la pharmacie familiale. Quant aux dérivés morphiniques, ils sont évidemment vus d'un mauvais £il en automédication ou en première intention.

Pour soigner le " rhume "

La sphère ORL et pneumo démontre aussi des divergences d'avis assez profondes, même à propos d'un antitussif classique comme le dextrométhorphane : oui pour les uns, pas question pour d'autres, la présence d'une toux devant inciter d'office à consulter. Quant aux mucolytiques en première intention, ils n'ont pas vraiment la cote. Par contre, les produits destinés aux voies nasales soulèvent moins de débats, pour autant que la présentation permette une stérilité correcte du contenu (spray plutôt que gouttes, etc). A noter que plusieurs médecins se méfient d'une éventuelle allergie à la lidocaïne présente dans quelques préparations à usage oro-pharyngé. Enfin, les gouttes ophtalmiques ne recueillent aucun suffrage, tout comme les gouttes auriculaires dont certaines ne sont pourtant destinées qu'à solubiliser ou ramollir les bouchons de cérumen.

Dormir sous les topiques

La question de l'automédication de l'insomnie peut paraître sans objet. Mais ici encore, les conseils (ou la tolérance) du médecin de famille par rapport à l'armoire " à pharmacie " vont du 'rien du tout' radical aux benzodiazépines à longue durée d'action, en passant par des plantes comme la valériane. Les topiques sont généralement acceptés lorsqu'il s'agit d'AINS pour soulager la bobologie, mais les réticences sont plus fréquentes pour les antiseptiques ou autres antibiotiques locaux, bien qu'il se trouve des médecins pour accepter le miconazole en traitement à la demande des mycoses vaginales. Comme on le voit, il y a du pain sur la planche pour tenter d'uniformiser la pratique, surtout du côté des médecins généralistes. A moins de suivre l'optique qu'une composition de l'armoire à pharmacie peut tout aussi bien être considérée comme à adapter en fonction de la composition de la famille, de l'âge de ses différents membres et des pathologies plus ou moins chroniques rencontrées.

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