L'EMA durcit ses règles
L'Agence Européenne du Médicament (EMA) a renforcé ses règles en matière de conflit d'intérêts. Si de nombreux scientifiques ont l'impression d'évoluer sur une corde raide, seul un tel règlement permet pourtant de garantir l'indépendance de leurs résultats.
Ce n'est pas toujours chose aisée. Les gouvernements, englués dans la crise, réduisent toujours plus leurs subsides à la recherche. De l'autre côté, les entreprises pharmaceutiques sollicitent toujours plus l'expertise des scientifiques. Une chaire par-ci, un projet sponsorisé par-là... Le pas est rapidement franchi - et accepté bien volontiers par les chercheurs. Une situation qui comporte pourtant un risque. Que faire en effet des résultats peu encourageants d'une étude grassement financée ?
Vers plus de transparence
L'EMA s'est donc penchée sur cette épineuse question pour en ressortir au final de nouvelles règles plus strictes - qui entreront en vigueur dès le second semestre 2011. " Notre principale mission est de rendre à la Commission européenne et aux Etats membres des avis sur les médicaments qui soient indépendants et hautement qualitatifs ", explique l'agence européenne. " Nous voulons également prendre toutes les initiatives nécessaires pour protéger les leaders d'opinion scientifiques. "
Anticiper les conflits
L'Agence européenne entend ainsi privilégier une approche proactive permettant de prévoir tous les conflits d'intérêts potentiels afin de rechercher d'éventuelles alternatives. Tous les intérêts potentiels des scientifiques proposés seront également examinés à l'avance. L'EMA se dit tout à fait consciente que sa stratégie peut encore davantage réduire le nombre de scientifiques disponibles dans certains pays, en particulier au niveau des pathologies très rares.