L'assiette de nos aînés
Parmi les sujets âgés de plus de 70 ans, près de 6 personnes sur 10 sont en risque de dénutrition et 16 % sont réellement dénutries. Augmentant avec l'âge, ce risque est d'autant plus élevé chez les femmes et les personnes vivant en institution. Quels sont les facteurs responsables de ce problème de santé publique et de quoi doit se composer l'assiette de nos aînés ?
L'allongement de l'espérance de vie entraine forcément une série de problèmes connexes. Notamment la malnutrition chez le sujet âgé, avec son cortège de conséquences fâcheuses : augmentation des risques infectieux, perte d'autonomie par diminution de la masse musculaire, augmentation des troubles respiratoires, ostéoporose, surmortalité.... Il s'agit la plupart du temps de problèmes liés à une insuffisance d'apports ; on parlera donc de dénutrition.
Causes de dénutrition
Ce n'est pas le vieillissement en soi qui est en cause. Les problèmes de dénutrition apparaissent surtout en présence de facteurs de risques sociaux ou de pathologies dont les conséquences nutritionnelles ne sont pas prises en charge. Certes, le grand âge s'accompagne de modifications qui peuvent nuire à la prise alimentaire : le seuil du goût s'estompe avec le temps ou par la prise de certains médicaments ; la muqueuse gastrique s'atrophie avec diminution de production d'acide chlorhydrique (ce qui induit un retard de vidange gastrique) ; les secrétions enzymatiques au niveau de l'intestin grêle et du pancréas décroissent et les aliments sont moins bien assimilés ; enfin, le ralentissement du transit intestinal est responsable de stase, de constipation et de pullulation microbienne. A cela, s'ajoute évidemment un mauvais état de la denture, pas toujours entretenue en raison des coûts élevés des soins dentaires.
Facteur environnemental
Le lieu de vie a également une influence sur l'état nutritionnel. Bien que le domicile paraisse être le lieu le plus adéquat pour une alimentation correcte, il faut cependant s'assurer que la personne ait encore suffisamment d'autonomie ou qu'elle bénéficie de l'aide nécessaire (repas à domicile, aide familiale...). L'hôpital peut aussi faire figure de milieu fragilisant, en raison de l'état de stress qu'il peut générer et des pathologies responsables de l'hospitalisation. La qualité et l'apport énergétique des repas proposés en milieu hospitalier sont hélas souvent inadaptés et aggravent les problèmes de dénutrition.
Les besoins nutritionnels de nos aînés
Fondamentalement, les besoins ne diffèrent pas vraiment de ceux des adultes plus jeunes. Il faut veiller à assurer une alimentation suffisante et équilibrée qui apporte quotidiennement tous les éléments en respectant la pyramide alimentaire. Au niveau quantitatif, c'est la balance qui servira d'indicateur ; un poids stable indique des apports corrects.
Comment remédier aux problèmes de dénutrition ?
Les techniques sont simples et nécessitent généralement juste un peu d'attention et un minimum de connaissance pour bien adapter les moyens mis en £uvre à l'individu concerné. Un certains nombre d'astuces alimentaires permettent d'augmenter la densité énergétique des repas à petit prix. Par exemple, on enrichira un potage avec de la poudre de lait, un jaune d'£uf, du gruyère, du beurre... On pensera aussi à la viande hachée ou au poisson pour faciliter la prise de protéines animales en présence de problèmes de mastication.