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Compléments alimentaires : amis ou ennemis ?

Souvent considérés comme des produits inoffensifs, les compléments alimentaires méritent toute notre attention. Pour les utiliser à bon escient, il est nécessaire de bien les connaître et de cerner les besoins véritables.

22 novembre 2010

Si les vitamines et compléments alimentaires représentent un marché potentiellement important, il ne faut pas perdre de vue qu'il y va de la santé publique de bien les utiliser et de bien les conseiller. A l'heure ou ce marché se développe aussi bien sur internet que dans divers commerces, il est important d'attirer l'attention des patients sur la nécessité de s'assurer de la qualité du complément utilisé et de son dosage. Un avis médical s'avère également utile pour éviter certaines interactions possibles entre compléments alimentaires et médicaments. Principal point de distribution de cette catégorie de produits, l'officine doit pouvoir délivrer au patient un conseil avisé sur l'utilisation de ces compléments.

Une famille nombreuse

On retrouve parmi les compléments alimentaires une grande diversité de substances : des produits que l'on trouve dans les aliments comme les vitamines, les minéraux, les acides aminés, les acides gras insaturés... ; des substances d'origine végétale comme les stérols, les isoflavones, les caroténoïdes, les policosanols... ; des actifs d'origine animale comme les squalènes, extraits de cartilages.... ; des molécules 'inclassables' comme le coenzyme Q10, la bétaïne... ; des prébiotiques, des probiotiques, sans oublier toute la phytothérapie. De façon générale, ils sont caractérisés par leur origine ubiquitaire et par une législation les distinguant des médicaments (hormis quelques cas) et les rapprochant des aliments. Présents pour la plupart dans l'alimentation normale, ils peuvent prétendre à des rôles physiologiques souvent définis par les conséquences de leur carence, notamment dans le cas des vitamines. N'étant pas des médicaments, ils ne sont pas sensés avoir d'effets thérapeutiques. Néanmoins, leurs effets sont étudiés à doses pharmacologiques et leur utilisation ne se limite pas toujours à corriger les déficits de l'alimentation et ne se cantonne pas toujours au seul domaine de la prévention. Reste qu'il est difficile, parfois, de s'y retrouver dans cette grande famille !

Comment bien les utiliser ?

Avant toute chose, il est nécessaire de rappeler et de garder à l'esprit qu'une alimentation bien équilibrée est primordiale pour la santé.. Cependant, certaines circonstances de la vie font que l'organisme doit faire face à des dépenses supplémentaires et dans ce cas, les compléments alimentaires seront bienvenus : la grossesse, la ménopause, une situation de stress important, une pratique sportive intense ou des problèmes spécifiques comme une chute accrue de cheveux, une poussée d'acné, des articulations qui font mal... Parfois, l'alimentation présente des carences en certains éléments. Exemple avec la vitamine D principalement synthétisée par l'organisme sous l'action du soleil, bien trop pâle sous nos latitudes. Tout un chacun peut aussi exclure certaines catégories d'aliments pour diverses raisons -goût, convictions philosophiques, problèmes d'intolérances ou d'inconfort digestif. Dans ces différents cas, certains suppléments permettent de venir au secours de ces carences, par exemple le fer en cas de régime végétarien ou encore le calcium en cas d'absence de produits laitiers.

Bénéfices et risques

Si les bénéfices restent à prouver dans certains cas, il est important de bien évaluer les risques. Principaux risques liés à leur utilisation : absence de diagnostic ou de traitement. Par exemple, une fatigue qui serait traitée par un complexe de vitamines (ou d'autres compléments alimentaires) au lieu d'en rechercher la cause. De même, on peut se tourner vers des traitements 'naturels' au lieu d'utiliser un traitement approprié qui a fait ses preuves dans certaines pathologies. Exemple cité par le professeur Jean-Michel Lecerf (chef de service de nutrition à l'institut Pasteur de Lille) avec la prescription de policosanols - dont l'effet hypocholestérolémiant n'est pas prouvé à ce jour - à la place d'une prescription de statines (1).

Amis ou ennemis ?

A condition d'observer des règles de bonne pratique, les compléments alimentaires gardent toute leur utilité dans certaines indications. Les études existent et se multiplient à leur sujet et il est nécessaire d'examiner ces substances une par une afin de bien les connaître. Dans un contexte de prévention, les AJR (apports journaliers recommandés) restent une bonne référence.

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