Quand le miroir rappelle le temps qui passe
Le culte de la jeunesse fait partie intégrante de notre société. Les sexagénaires restent actives et le reflet de leur image reste un point sensible. Cependant, le poids des ans laisse des traces : la peau du visage et du corps perd en élasticité, le teint en uniformité et les perturbations hormonales de la ménopause constituent un pilier supplémentaire du vieillissement.
La carence hormonale de la ménopause est responsable d'une accélération du vieillissement chronologique. En parallèle à la perte osseuse, la peau se déleste lentement de son collagène. Atrophié, ce revêtement cutané perd également en élasticité. La diminution des taux d'£strogène et de progestérone incommode les femmes ménopausées d'hyperpilosité et d'alopécie. La peau et les muqueuses s'assèchent, les rides sont plus apparentes, plus nombreuses, le réseau vasculaire sous-jacent semble apparaître en transparence.
Soleil et tabac
Le soleil laisse des traces (télangiectasies, rides, taches pigmentaires) sur les zones les plus exposées. Le photovieillissement altère les propriétés biomécaniques cutanées : des rides verticales au front, des pattes d'oie,... apparaissent sur une peau flasque et distendue. L'aspect ridé et plissé de la lèvre supérieure constitue un véritable indicateur d'excès d'exposition. La peau de la nuque s'épaissit et se voit parcourue de rides profondes entrecroisées. Outre l'élastose actinique, la peau se voit au fil du temps maculée de lentigos solaires brunâtres résultant de l'hyperactivité des mélanocytes. La surproduction de mélanine se déverse dans les kératinocytes, dont le renouvellement se ralentit suite au vieillissement hormonal. Des kystes et des comédons se présentent aux régions temporo-malaires. Ces modifications varient selon le type de peau : les phototypes clairs connaîtront plus vite ces signes du vieillissement que les peaux mates et foncées.
Les actifs ciblés des peaux matures
Une des principales préoccupations est la lutte contre les taches de sénescence aussi appelées " fleurs de cimetière ". Elles apparaissent d'abord sur le dos des mains, puis au visage et enfin au décolleté, zones fréquemment exposées au soleil. Les agents utilisés ralentissent l'activité de la tyrosinase, enzyme à la base de la production de la mélanine. D'origine chimique, l' acide azélaïque (inhibiteur de la tyrosinase), l' acide ascorbique (inhibiteur de la mélanogénèse et décolorant de la mélanine), des composés soufrés ( cystéaminylphénol, substrat de la tyrosinase mais irritant), le 4-n- butylrésorcinol,... inhibent cette enzyme. Parmi ces dérivés de synthèse, figure l'hydroquinone qui diminue la formation des mélanosomes par modification structurelle. Interdit en utilisation cosmétique, ce dérivé phénolique entraîne une dégénérescence des fibres de collagène et d'élastine, des dépôts de pigment dans le derme et aurait des effets génotoxiques et cancérigènes.
Sécheresse cutanée
Associé à la ménopause, l'inconfort de la sécheresse cutanée est atténué par l'utilisation d'acides gras essentiels issus d'huiles végétales (onagre, bourrache, pépins de raisins, germes de blé, rose musquée, argan, avocat...) s'incorporant au ciment intercellulaire. L'utilisation d'huiles essentielles dans les soins cosmétiques a le vent en poupe : de ciste ( Citstus ladaniferus), de romarin à verbénone ( Rosmarinus officinalis verboniferum), d'immortelle ( Helichrysum italicum), d'ylang-ylang ( Cananga odorata var. genuina),... Rares sont les huiles essentielles pouvant s'utiliser pures, il est donc préférable d'en réserver une utilisation " artisanale " à des patientes initiées.